Liste

1# Vous savez quoi ce matin ? Ma Grande, qui me rejoint dans la cuisine, et me dit les yeux dans les yeux après m'avoir adressé son bonjour "tu es jolie maman". Même que c'est pas Arthur Miller qui lui a soufflé. Même que je ne lui ai pas demandé. Même que c'est sorti tout seul. Vous vous rendez compte ? Pas mal les 3 ans. Faudrait juste gommer les dernières crises/caprices/colères existentielles de la fin du "terrible two" et nous serons elle et moi en pleine lune de miel.
2# Je vous ai dit que la semaine dernière entre deux visites chez la pédiatre, deux jours off de la crèche pour ma petites, des nuits de m*rde, j'ai quand même trouvé le temps de m'inscrire en auto-entrepreneur, de négocier mon 1er contrat et de créer mon logo ? Trop la classe mon logo. ça m'arrive pas souvent d'être fière mais là je dois recoconnaître que j'ai bien envie de me la péter assuré.
3# Oui je sais c'est pas beau de faire un cadeau à un être aimé plus pour se faire plaisir que pour lui faire plaisir. Mais voilà c'est ce que j'ai fait pour Noël dernier. Notre famille en portrait (by OléOhlala) pour Arthur Miller qui a eu la décence de ne pas souligner mon indécence à me faire plaisir.
4# Je fais le tri parmi les amitiés. Je suis en plein chagrin de deuil. Mais à quoi bon se voiler la face ? "Aller vers des gens qui me font du bien + aller vers des gens à qui je pourrai faire du bien = être moi-même". Voilà la nouvelle équation que je vais appliquer.
5# Je voudrais être de celles qui savent en un tour de main transformer la réalité en conte de fée pour enfant, pour mes enfants. Je n'y arrive toujours pas. Mais je garde espoir. Peut-être qu'un jour j'arriverai à leur dessiner un bonhomme dans leur assiette, ou un bateau sur la mer, ou que sais-je encore. Peut-être qu'un jour je trouverai la clé d'accés à l'enfance.
6# L'air de rien, force est de constater que même en étant une mère qui ne cuisine pas, mon B*by C**k est quand même sur le point de rendre l'âme. C'est donc bien que je l'ai utilisé.
7# J'ai une colère sourde qui gronde et m'empêche de régler certaines choses avec certaines personnes de mon entourage. Alors j'attends que ça passe. Mais les choses devront un jour être dites, demandées, expliquées, soulignées.
8# Ce soir le we commence. WE particulier puisque le monde du travail sabote notre WE familial en faisant partir Arhtur Miller dimanche matin.
9# J'ai de vrais amis. Peu. Que je ne vois pas assez. Je voudrais comprendre pourquoi je n'arrive pas à aller plus vers eux, passer du temps avec eux. Pourquoi ce repli chez moi, dans ma solitude ? Mais j'ai confiance : je me pose les questions.
10# Ah je vous ai pas encore dit : ma mère, ma mère pour la 1ère fois était là pour l'anniversaire de sa petite-fille. Difficile de trouver une 4ème excuse. Bon, elle a quand même fait une coqueluche juste avant et une gastro juste après mais, manque de bol, le 15 janvier, elle a pas trouvé d'excuse.
Allez, passez un bon we les amis.![]()
DO(u)DO(u)

Voilà, maintenant je sais.
Je sais pourquoi on devient vieux.
Trop de fatigue accumulée qui installe inexorablement des cernes sous des yeux qui chaque matin se disent dans le miroir de la salle de bain "tiens bon, demain tu essaieras de te reposer". Et chaque soir se disent devant ce même miroir "peut-être demain".
Trop d'incertitudes, de responsabilités, de mauvaises nouvelles et c'est la lassitude qui s'installe, engluante, tétanisant l'élan de vie.
Trop peu de temps à soi, rien que pour soi. Non, je ne parle pas de ce temps fameux temps libre des mamans qui finalement l'occupent à faire les courses, trier les affaires du petit dernier devenu définitivement trop petites, lancer une machine, sortir une machine, penser à programmer la prochaine visite chez le pédiatre/l'orl/l'homéopathe, aller à la pharmacie pour donner l'ordonnance de la veille, optimiser l'aménagement des chambres, passer commande pendant les soldes pour l'hiver prochain... non je parle du vrai temps libre. De celui où regnait avant la liberté de la légèreté.
Trop de désillusions aussi. De manque de communication, de silence, d'incompréhension qu'on n'a même plus la force de percer à jour.
Maintenant je comprends pourquoi à un moment dans sa vie on s'étiole, pourquoi on commence à devenir vieux, à se sentir vieux.
Je m'en vais à la crèche parce que c'est l'heure et que mon temps libre même ici m'est compté.
Je pense à ce soir devant mon miroir et à ce que mes yeux me diront : "peut-être demain".
L'âge d'or

Ce soir je relis ce billet avec beaucoup d'émotion.
Ce soir je me souviens. De l'incertitude. Du bain chaud. Des appels à mon amie sage-femme qui a suivi ma grossesse. De ma douleur. Du taxi. De l'arrivée à la maternité. De la salle de travail. Du cadeau reçu quelques jours avant, le 1er pour Elisa, offert par la magie du virtuelle. Je me souviens de la péridurale, trop légère, mais à l'époque je ne savais pas que l'on pouvait moins souffrir. Et je me souviens de tant d'autres choses que la pudeur retient.
Je me souviens de tout ce que je ne savais pas encore.
Bien sûr les anniversaires sont pour les enfants mais je pense que toutes les mamans au monde me comprendront si je vous dis que ce soir je suis née aussi il y a 3 ans.
Happy 3 ma fille, happy Birthday mon trésor.
PS : Arf que cet âge-là est délicieux. Du jour au lendemain, le "terrific two" a laissé place à une enfant désireuse de faire plaisir, charmante, affable, à l'écoute. Tout pourrait être parfait sauf que. Sauf que Margaux a décidé avec quelques mois d'avance d'imiter sa soeur. Mais sa soeur d'avant l'âge d'or.![]()
Voeux

{Margaux jouant à cache-cache}
Plus de souplesse
Moins de cris
Continuer à chercher
Trouver enfin
Choyer l'essentiel
Ne pas s'endurcir plus
Retrouver les rêves, le plaisir, l'imagination, l'émerveillement
Nager en eaux claires
Leurs donner envie de grandir
Ne plus avoir peur de grandir
S'ouvrir à de nouvelles amitiés
Fêter nos 10 ans ensemble, amoureux.
Allez, que tu sois belle, noire, dure, douce, 2012 nous voilà !![]()
Humilité maternelle
L'autre soir au moment du coucher de ma Grande de bientôt 3 ans, je lui trouvais un air ailleurs, songeur, peut-être propice à la confidence d'amour.
- Tu veux me dire quelque chose mon gros bébé ?
- C'est quoi "quelque chose" ?
- arf ça commence mal Ben, "quelque chose", ça veut dire "un truc". Tu veux me dire un truc ma Fille ? Tu veux me dire "je t'aime maman chérie d'amour ?
- ?!!!
- ...
- Ouiiiiiisssstitiiiii !
***************
Bon ben les amis je vous ouistiti très fort.![]()
bye-bye hier

Bientôt 18 mois. Le 25 exactement.
Refuse obstinément de prendre son biberon toute seule.
Mais mange remarquablement bien toute seule à la cuillière.
Dit "tatine" pour le pain, dit "tatine" pour dire merci. Aime le pain donc.
Rouleau compresseur de bonne humeur.
Adore qu'on lui coure après.
Tourne très (trop ?) facilement la tête de droite à gauche et découvre depuis une semaine qu'en y associant un son "naaaan naaan naaaan" cela peut avoir certaines conséquences.
Sait -vraiment- se moucher depuis des semaines.
Parfaite maîtrise du "au revoir", à La Poste, au facteur, à la poupée, à la salle de bain.
Profite goulûment de tout ce que j'ai appris grâce à ma Grande.
Parfois je me dis que tout est tellement en place maintenant qu'un 3ème pourrait facilement pointer le bout de son nez.
Je regarde en arrière et repense au tsunami solitaire traversé. A tout ce qu'il a fallu reconstruire, inventer, extirper du néant, créer.
Pour moi, la maternalité a été l'expérience ultime qui m'a fait naitre grandir mais qui a aussi failli me faire perdre pied. C'est à ce moment-là de ma vie que j'ai compris d'où je venais. Que j'ai pris la mesure de ce néant affectif qui avait été mon quotidien les années de mon enfance.
Le courage de regarder. Le courage de s'en défaire. Le courage de reconstruire. Le courage d'y arriver. Parfois.
Après 3 ans de doutes, de traversée du désert, je commence à entendre et donc à comprendre que même si je foire parfois, mes filles n'auront jamais à souffrir ce que j'ai vécu. Parce que tout est différent. A commencer par le père qu'elles ont la chance d'avoir.Et grâce aussi à la mère que je suis. Je crois que j'ai enfin ouvert les yeux sur la réalité.
*****
Je sais, je radote. Fin d'année. Peut-être derniers piètinements avant de tourner définitivement -et enfin- la page de ce magma gluant et nauséabont qui me tient lieu de souvenirs d'enfance.
Allez, on y croit.
♡ ♡ ♡ Joyeuses fêtes de fin d'année à vous ♡ ♡ ♡![]()
Dans les yeux

Je crois que je ne pourrai jamais cesser de venir ici, écrire.
Avec le-monsieur-qui-m'aide-à-aller-mieux, je travaile sur le concept de légitimité. Légitimité à me sentir et oser me dire être une bonne maman. Il me parlait de cette force viscérale qui émane de soi pour décider un jour d'être ce que l'on souhaite être. Une histoire de socle qui ne serait pas friable en quelque sorte et sur lequel les "on-dit", angoisses infondées et regards extérieurs n'auraient pas de prise.
Et je comprends très bien de quoi il parle. Une fois -une seule- dans ma vie j'ai ressenti cette légitimité.
Cela a commencé par une opportunité au sein de l'entreprise pour laquelle je travaillais mais que je voulais quitter. Je retirais ma démission et en échange je pouvais travailler à mi-temps en me consacrant à l'écriture. Je me suis doutée des jalousies que ce deal allait créer, je me suis doutée des incompréhensions à mon encontre, je me suis doutée des jugements de paresse ("quoi, travailler à mi-temps, mais ce n'est pas du travail ?!"), je me suis doutée des sourires en coin et des levées de sourcils dubitatifs et moqueurs, je me suis doutée de tout cela mais si vous saviez comme je m'en foutais.
Je me doutais bien aussi que cela n'allait pas durer et qu'il me faudrait retourner, un jour ou l'autre, à un statut plus "normal" qui incluerait d'autres taches que l'écriture.
Mais il y a eu l'ouverture de ce blog. Et les billets, nombreux. Et les commentaires, précieux. Il y a eu vous, votre fidélité, nos échanges par écrans interposés.
Et peu à peu s'est imposée à moi cette légitimité dans l'écriture. Et la force de m'y consacrer.
Voilà. Je voulais que vous le sachiez.
Sans ce qui se passe ici jamais je n'aurais osé persévérer dans l'écriture. Mon socle, solide et inébranlable, il s'est formé ici.
Alors je voulais vous le dire dans les yeux : merci.
PS1 : Grand écart ce week-end : vu samedi soir Les Lyonnais et dimanche matin le spectacle de Tchoupi. Heureusement la vraie vie se situe entre les deux.
PS2 : vous saviez vous que Lanvin avait les cheveux poivre & sel ? Arf, ça veut dire que je vieillis alors. Non. Je serai vieille quand Tchoupi sera en déambulateur.![]()
Femme

Une double otite.
Une perte de doudou.
Une double fête.
Une crise nerf de la Grande à gérer seule avec la Petite effrayée.
Quatre jours sans Arthur Miller.
Un livre. Facile.
Un livre. Moins facile.
Deux films, froids, masculins, puissants, sur ce monde impitoyable de la politique.
Des rendez-vous dans les écoles du coin pour savoir où sera le mieux Ma Grande.
Des dents qui poussent.
Un rituel du soir modifié (fini le biberon dans la chambre le soir !) pour le plus grand bonheur des parents.
Et toujours : des couches, des tétines, des biberons, des pleurs, des disputes, des câlins, des négociations, des compromis, des caresses, de la patience.
La vie passe. Les muses de l'inspiraion aussi. Alors je mets deux jolies photos pour faire illusion.
Toujours pas de pièces de théâtre, ni de concerts, ni même de WE en amoureux.
Mon père a fêté ses 70 ans. J'ai appelé. Avant même que je lui souhaite un bon anniversaire, il me disait "merci". Pilotage automatique quand tu nous tiens.
J'ai la tête avec plein de petits tourments.
Mais j'ai une jolie vie. Merci la vie.
L'année prochaine, j'inaugure -a priori- un nouveau régime. Non, pas celui qui me permettrait de ne plus avoir à rentrer le ventre quand je me regarde dans le miroir mais celui d'auto-entrepreneur. Celui qui me permettra de me regarder dans le miroir avec fierté quand même. Allez hop, je plonge dans le monde de l'indépendance. Qui l'eut crû ? Patate crue.
Il parait que c'est bientôt Noël. Vous confirmez ?![]()
Chéries, chéries...
Gladys Pearl Baker et Marilyn Monroe
Entendu d'une autorité compétente "Pour parler brutalement, votre mère est folle, dénuée de tout affect, atteinte d'une folie socialement acceptée et acceptable car elle ne laisse ni traces ni marques visibles qui pourraient attirer l'attention.".
Voilà.
Ma mère est de celles qui se préoccupent plus du store de son grand balcon à changer que de la maladie d'un de ses proches.
Et je suis la fille de cette femme-là.
Oui, j'ai du demander à ma mère, vers l'âge de 7/8 ans de m'appeler "Chérie" et non plus par mon prénom car cela me rendait malheureuse d'entendre mes cousins/cousines affublés de petits noms affectueux par leurs parents et pas moi.
Tous mes souvenirs d'enfant liés à ma mère et mon père ont "à peu près" cette même saveur. Ma réalité d'adulte, elle, ne bénéficie pas de l'"à peu près" des souvenirs : elle est confrontére avec certitude à cette froideur, ce détachement parental. Et le nourrisson que j'étais garde pour lui les souvenirs de sa détresse...
Je compose -comme je peux- avec cela depuis 40 ans.
Mais le plus insupportable en ce moment est de composer avec le plus grand nombre qui ne comprend pas.
"Elle les a voulus ses enfants, elle les a, alors où est son problème ?"
"Elle travaille à mi-temps, elle a du temps, de quoi se plaint-elle ?"
"Son mari est formidable, il l'aide beaucoup, pourquoi elle se plaint encore ?"
"A 40 ans, avec la famille qu'elle s'est construite, elle devrait arrêter de regarder en arrière !!"
"Et comment font les femmes qui ont des jumeaux, 3 enfants, 10 enfants ?!"
Heureusement il y aussi un petit nombre qui, à défaut de comprendre, puise dans ses propres failles l'intelligence émotionnelle suffisante pour accepter que l'on peut, enfant, n'avoir manqué de rien matériellement mais être morte de froid à l'intérieur. Et que ce "léger" détail -bien qu'invisble- marque de son sceau chaque journée, même les nouvelles, mêmes les grandes, même les plus belles.
Mais tout va bien dans le meilleurs des monde. Pas d'effusion de sang. Pas de bleu visible. Le monde peut continuer de tourner. L'honneur est sauf. La petite fille a développé un système de défense qui lui a permis de grandir. Elle a même réussi, malgré la froideur de son corps, et non sans mal à donner naissance à deux magnifiques filles. Mais depuis qu'elle est Maman, elle se prend de sacrés murs. Qui, comme sa mère, ne provoquent ni effusion de sang ni bleus visibles, juste des bleus à l'âme.
Mais qui méritent respect et reconnaissance.
Et aujourd'hui mon travail commence par cela. Respect et reconnaissance de cette violence subie quotidiennement qui ne se voit pas, ne laisse ni traces ni marques et pour laquelle personne ne m'est venue en aide quand j'étais nourrisson puis enfant.![]()
PS : désolée de plomber la fin/le début de la semaine mais si je vous appelle mes "Chéries", vous me pardonnez ?
PS2 : et j'en appelle encore à votre clémence, mes Chéries, car je n'ai pas répondu à vos précédents commentaires.
DeboutS

{Memo pour quand je serai vieille :
la photo date de ce we mais les 1ers pas eux datent du 16 septembre}
Non je n'ai pas disparu. J'encourage. J'applaudis. Je retiens les chutes. Je tiens la main. Et en même temps je me dédouble, je me multiplie, je me divise pour que la 1ère ne soit pas jalouse de l'attention portée à la 2nde qui évolue dorénavant presque debout (hip hip hip hourra ma Fille).
Puis je lis.
Et là, c'est que du pour moi. Après le diner, je descends. J'allume ma chambre, fais un petit tour par la salle de bain, reviens vers mon lit et m'y glisse. Et je savoure le plaisir qui m'attend. Rien que pour moi. Je prends mon livre et je plonge dans l'univers familial de Delphine de Vigan. J'avais aimé No et Moi, j'avais aimé Les Heures Souterraines, je savais donc en commandant ce livre que j'allais replonger dans une écriture qui me parle. Mais je ne savais pas que j'allais plonger dans une histoire si dense, si forte, si dérangeante par moment.
Pour savoir où on va il faut savoir d'où l'on vient. Et cela demande du courage.
{Memo pour quand j'aurai du courage :
Mon père a opté pour une bulle autistique depuis longtemps.
Ma mère oscille entre maladie d'Alzheimer et mythomanie.
Mon grand-père est très âgé.
Ma grand-mère est vraiment atteinte de la maladie d'Alzheimer.
Mon oncle est mort.
Ma tante, la plus âgée, n'avouera jamais qu'il existe un monde autre que celui des Bisounours.
Reste ma tante, la plus jeune, si je veux un jour comprendre l'histoire de ma famille.
Mais me manque de toute façon le courage d'aller questionner, enquêter, sortir les morts du placard, fouiller, demander, déranger.}
Delphine de Vigan a entrepris cette folle aventure. Elle en a trouvé le courage. Et elle en a, en plus, écrit un témoignage bouleversant qui souvent touche le coeur de l'intime et qui parfois n'y arrive pas en toute conscience et c'est dans ces passages-là qu'elle me touche le plus. Parce que l'amour pour une maman est tellement fort que même adulte il nous embue le stylo. Alors elle emploie plusieurs procédés pour approcher au plus juste son histoire et tous ses outils font de son oeuvre un témoignage poignant de vie qui saisit d'effroi quand le malheur ne cesse de frapper, qui force l'admiration devant tant de forces vives, qui trouve echo par sa profonde justesse et surtout qui nous emporte au coeur d'un parcours initiatique et salvateur.
J'imagine que ses nuits tourmentées auraient pu s'opposer à son travail titanesque et la faire plier. Mais chez Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit.
Même "à trous", même "en creux", même "en absences", même "en ellipse", sa maman a été une sacrée maman. Debout jusqu'au bout.![]()
Ombre et lumière

Quinze mois que ma petite a fait de ma première une grande.
Deux miracles qui créent une fratrie.
Le miracle de la médecine & celui de la nature.
Septembre 2011.
Mes nuits me laissent dormir. Mes jours ressemblent à des jours. La fatigue s'éloigne. Je reprends pieds. Ma silhouette réclame de nouveaux vêtements. Plus s*exy. Arthur Miller est toujours mon amoureux. Et je crois que je suis toujours son amoureuse.
Quand je regarde en arrière, je frissonne toujours encore au souvenir du tsunami qu'ont été pour moi ces deux grossesses. La difficulté puis la découverte de la maternité. Avec les mauvais repères et aucune exemple de femme maternante à imiter ou vers qui me tourner pour demander de l'aide. Quand je repense à tout "ça" les larmes me montent spontanément et systématiquement aux yeux. Je suis seule à savoir la douleur du désarroi qui m'a habitée, je suis seule à connaître la violence de ce qu'a été pour moi cette transformation pour devenir une mère mais surtout une maman.
Quand j'avais 18 ans, mon prof d'auto-école dont j'étais amoureuse m'a dit "toi tu comprends vite mais faut t'expliquer longtemps". Certes. Et quand on ne m'explique pas je t'explique pas le temps que ça me prend pour comprendre.
Voilà maintenant j'ai compris -ou du moins je suis en cours de compréhension- que je vais faire mal, que je vais faire bien, que je suis comme ça, et pas comme ci, que je suis comme ma mère à certains égards mais que voilà c'est ainsi, mais que je sais aussi être complétement différente et que c'est très bien ainsi. Que ce magma fait de moi la maman de mes deux filles. Et que finalement le principal risque pour elles ne vient pas de moi mais plutôt de ce monde effrayant dans lequel nous vivons.![]()
Se jeter à l'eau
Il n'y en avait plus que deux autour de nous.
Bientôt, il n'y en aura plus qu'un.
De couple avec enfants qui s'aime toujours. Qui résiste. Qui surmonte le temps.
Putain d'époque quand même.
Mon coeur se serre à l'idée de ce nouveau couple d'amis qui va mal.
Un jour pourtant leur coeur a battu fort la chamade au point d'envisager la vie à deux et de prendre le risque de la vivre ensemble.
Au point de prendre le risque d'accepter le regard de l'autre sur son propre quotidien.
Au point d'accepter la présence d'un autre même quand on aura envie d'être seul(e). Même quand on aura envie "d'autre chose" mais qu'il faudra inventer une vie faite de compromis, d'intelligence pour donner sa chance à cette vie d'engagement.
Un jour ils ont la délicieuse, la folle, la fougueuse envie de mettre au monde un enfant. Un jour ils ont pris le risque de vouloir vieillir d'un coup en devenant les "ascendants de" et non plus seulement les "descendants de".
Ils ont pris le risque de vouloir transmettre, éduquer, apprendre à porter à bout de bras un enfant dont il faudra se réjouir un jour de le voir s'envoler de ses propres ailes. Apprendre à donner, encore et encore, et toujours. Ils ont souhaité participer à la ronde du monde en l'agrandissant.
Ils ont pris tous ces risques-là.
Aujourd'hui ils se séparent. Certains y verront un échec.
Mais ils ont osé. Ils ont aimé "au point de". Ils ont accepté le risque de l'échec. Ils ont essayé. Ils se sont mesurés jour après jour à la présence de "l'autre" qui oblige à une remise en question constante. Ils ont espéré, ils ont connu des jours de félicité, ils ont sauté à pieds joints dans l'espoir.
Peut-être ont-ils eu tord ?
Ou pas.
Parce qu'une vie sans prise de risque est une vie qui ne donne pas sa chance à la Vie.
Qui laisse la peur la gouverner.
Qui n'autorise pas de croire que l'on peut tomber puis se relever.
Or seuls les nourrissons ne savent pas se relever. Puis ils grandissent. ![]()
Rangement de Rentrée

Il y a les couples séparés, les conjoints qu'on ne voit plus, les nouveaux qui ne sont pas sur les photos, il y a aussi les morts, ceux dont on se fout un peu, ceux dont on se fout moins. Heureusement il y a aussi les amis qui sont toujours là. Il y a dans toutes ces photos la vie qui est passée, le bonheur qui est resté, cabossé, agrandi, élargi, vieilli patiné.
Et puis il y a ce discours de mon père sur lequel je suis retombée. Longtemps je lui en ai voulu de n'avoir parlé que de moi dans ce discours lu à l'occasion du mariage de sa fille sans un mot pour Arthur Miller alors que mon beau-père, à l'image de l'esprit généreux de cette famille que j'épousais, n'avait lui parlé que de la "pièce rapportée", en l'occurence moi.
Et puis aujourd'hui en le relisant, les yeux baignés, je me suis rendu compte que ça avait été peut-être pour lui l'occasion pour la première fois de parler à sa fille de sa fille, faisant fi des bonnes manières, de la politesse, du qu'en dira-t-on. Il parlait de moi. A moi. Et finalement dans ses mots, beaucoup d'amour. A sa façon.
Mais voilà, une fois, dans une vie, est-ce suffisant ?
ps : définitivement je ne m'y retrouve plus dans les catégories de ce blog. Va falloir que là aussi je plonge range.
ps2 : la cigarette c'est nul mais j'ai repris le sport.
ps3 : un jour je voudrais vous parler de ces amis qui ont presque 40 ans, qui ne veulent pas d'enfant, pas de conjoint, qui n'ont donc pas d'enfants, pas de conjoint. Qui ne veulent même pas de fête surprise pour leur anniversaire. Un jour je vous en parlerai. Si j'arrive à trouver les mots.
Warhol avait raison

Bon ben il y a des quarts d'heure de célébrité plus ou moins épanouissants. Le mien est frustrant. ça, je suis sûre que Warhol ne l'avait pas prévu.
Me voilà dans la rue avec mon Infocrèche sous le bras, ma photo inside et personne à appeler pour partager ma fierté cette nouvelle puisque depuis l'existence de ce blog ma maxime est "pour vivre heureux vivons caché".
Heureusement que vous êtes là. Sinon c'était dépression assurée.
Fin du quart d'heure de célébrité.
What else ?
Vous avez remarqué comme la vie est injuste ? Pourquoi fumer fait mincir ?
Donc voilà, c'est la Rentrée et l'heure des bonnes résolutions et moi je ne trouve rien de mieux que de dépenser mes sous inutilement me remettre à fumer.
Sinon je voulais vous dire à quel point j'aime le cinéma. Vu hier Les Bien-aimés. Frissons garantis. Vous souvenez-vous de 17 fois Cécile Cassard ? C'est le même Christophe Honoré. Je crois qu'avec Sautet il fait parti de mes réalisateurs préférés. Et que le cinéma, avec la littérature, enrichit follement ma vie et m'offre mes plus beaux voyages.
What else ?
Ma mère. Qui m'a laissé un message téléphonique. Elle espère que la rentrée en maternelle de mes filles s'est bien passée. 2 ans et 8 mois pour l'une, 14 mois pour l'autre. Encore heureux qu'elle n'ait pas parlé de rentrée au collège.
Bon sur ce je file à la crèche récupérer mes perles.
Bon et doux week-end à vous.
ps : merci vraiment d'être toujours là.
ps2 : joli coussin pomme rouge from Pomme-Groseille![]()
Well, well, well

Il parait que c'est -presque- la Rentrée. A condition d'avoir vu passer les vacances et l'été bien entendu.
Exceptés un blocage de dos pendant 10 jours, une baby-sitter qui nous a plantés à la moitié des vacances, un dégats des eaux qui a transformé notre appartement en piscine pendant notre absence, et une météo bretonne pourrie mitigée, oui mes vacances se sont bien passées.
A condition que je ne vous parle pas non plus des premières nuits des Petites. Ni de mes insomnies d'ailleurs qui ont pris le relais une fois les Petites habituées à dormir ensemble (Margaux faisant la java debout dans sa turbulette et Elisa pleurant "je veux dormir").
Mais il y a quand même quelque chose d'extraordinairement positif à noter grâce à ces vacances : nos filles se réveillent dorénavant à 7h28. Et ça c'est peut-être un détail pour vous ♫ ♪ ♬ mais pour moi ça veut dire beaucoup ♫ ♪ ♬ : je me réveille dorénavant à une heure normale. Le matin quoi. Parce que 6h30 c'est encore la nuit.
Et puis y a eu d'autres trucs positifs. J'ai lu. J'ai mangé des crêpes en Nutella. Et des bulots. Oui je suis une fan de bulots. Bulots & champagne, le pied. Et puis je kiffe mes filles. Elles sont belles. Différentes, complémentaires, fatiguantes mais je les kiffe. Et quand la Petite fait des bisous à la première ou que je surprends La Grande caresser la petite tête brune de sa soeur, ben je me dis que j'ai quand même réussi un joli duo, même si je ne couds pas d'adorables petites robes, même si je ne sais pas comment transformer leurs plateaux repas en tableaux de maîtres colorés et artistiques, même si je peine à trouver des activités pour les occuper à la maison, même si aller au Parc me saoule, même si "tout le reste".
Well, well, well. Alors même si c'est bientôt Noël je vous souhaite une douce et belle Rentrée.
Et surtout n'abandonnez pas vos rêves.
ps : hé hé hé vous avez vu un peu cette "coupe de cheveux maison" pour Margaux ? Voilà, moi, mon rêve, c'était d'être coiffeuse.
ps2 : afin de faire taire les éventuelles mauvaises langues, je tiens à préciser que je ne suis nullement responsable de la coiffure de ma Grande sur ces photos.![]()
Caméra cachée

Je vais être sympa et vous épargner les détails du WE merveilleux que nous a fait passer Margaux et qui nous a fait rencontrer à deux reprises les médecins des Urgences Médicales de Paris (gastro samedi, chute dimanche) et durant lequel nous avons appris que "oui, un bébé de 1 an peut avoir 10 aphtes dans la bouche" ("gastro + aphtes" équation à retenir pour nous femmes-à-la-recherche-de-notre-silhouette-perdue car très efficace pour ne rien manger).
Donc je disais je vais vous épargner.
Mais juste pour conclure, je ne résiste pas, hier appel de la crèche : "Votre ainée à 39,2°".
J'ai cherché la caméra cachée, je ne l'ai pas trouvée. Alors forcément je suis partie dare-dare à la crèche la chercher (mon ainée pas la caméra cachée).
Mais ce matin, hop hop, les deux à la crèche, parce que moi, là, j'ai besoin de souffler travailler.
Dans quelques jours, les vacances. Et si on laissait les enfants ?
Bonne nuit les petits

Ma mère me poursuivait pour me tuer.
Nous étions dans un parking souterrain. Celui de mon enfance. Je devais jongler entre ascenceur et escaliers pour ne pas me retrouver face à elle. Je faisais preuve d'un extrême sang-froid avec un seul objectif en tête : lui echapper. Mon cerveau tournait à 100 à l'heure. Pas de répit, juste la reflexion nécessaire à ma survie. Acuité de l'urgence.
Réfugiée dans l'ascenceur, j'appelle une amie (qui porte le même prénom que moi). Je m'appelle donc. Pour me rassurer, me dire que je serai en retard mais que je suis vivante. Etrangeté des rêves : je ne tombe ni sur "elle", ni sur sa messagerie mais sur un message qu'elle m'a laissé, en pleurs, se désolant de me voir encore en vie sur une photo, me pensant donc morte sans avoir rien pu faire.
Puis j'appelle mon père. Deuxième étrangeté des rêves : je ne lui dis pas que j'ai echappé à ma mère (vérité déjà trop lourde même en rêve ?) mais que j'ai retrouvé le meurtrier de ma soeur, qui a également essayé de me tuer mais que tout va bien, que je suis vivante. Mon père répond "oui oui d'accord". Aucune émotion dans sa voix. Aucune joie. Aucun soulagement. Une voix blanche qui me surprend. Il me passe Clint Eastwood (...) qui me rassure et me dit qu'il arrive.
Je le rassure également : entre temps, une foule de jeunes a débarqué dans l'ascenceur, je ne suis plus seule. Je leur demande de l'aide, de me cacher, de me protéger jusqu'à l'arrivée des flics. La menace s'éloigne. Je me sens enfin en sécurité.
Fin du cauchemar. Réveil en sursaut.
Mains moites. Bouche sèche. Mes yeux ne veulent plus se refermer de peur de me replonger dans cette horreur. Il est 1 heure du matin. Je suis dans mon lit, incapable de bouger. Anesthésiée par la violence du scenario que mon esprit a osé imaginer.
Je viens d'échapper à ma mère qui voulait me tuer. Mon père ne s'est pas émue de mon appel. Arthur Miller dort. Les filles aussi. Je suis seule pour me consoler.
Il est des solitudes plus cauchemardesques que d'autres. Je crois pouvoir dire que celle que j'ai vécue cette nuit en faisait partie.
PS : Forcément je cherche depuis ce matin les faits réels qui ont pu alimenter ce cauchemar. J'ai vu hier Deep End au ciné, mon amie (celle que j'appelle dans l'ascenceur) a perdu sa meilleure amie l'année dernière et nous avons récemment parlé ensemble du manque cruel qu'elle ressent, j'ai regardé hier soir à la télé un film de flics, sans Clint Eastwood certes mais avec des flics, des poursuite et tout le tralala qui va avec. Quant au reste, il reste mystérieux. Ou pas.
PS2 : A part ça, ça va. Et vous ?
PS3 : J'en connais une qui va encore penser que je suis torturée. Et elle aura bien raison. Faut que je lise Les Falaises.
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Eté 1982

J'ai jamais été une grande fan de soleil mais comme j'aime bien râler
j'en profite pour le rouspeter parce que là il exagère vraiment.
☀ T'es parti en vacances et t'as oublié ton billet retour ou quoi ? ☀
What else ?
Il y a tant de choses qui tournent dans ma tête. Tant de choses que je fais mal. Tant de choses que je tente de bien faire. Que je fais bien parfois. Mais que je rate souvent.
# Je fais des purées au Baby Cook qui servent à me donner bonne conscience rallonger les petits pots/plats que je donne encore à Elisa (oui je sais elle a 2 ans et demi)
# Quand j'achète une fringue, je me demande toujours si ça ira à mon ainée ou à sa cadette... il y en a une que je ne vois pas grandir et l'autre que je grandis trop vite assurément.
# Charlène se plaint qu'on ait voulu saboter son mariage. "Never complain, never explain". On en est loin. Princesse des temps modernes qui ne va pas aller loin. Mais ce n'est que mon avis.
# Ma fille va être heureuse au retour de la crèche ce soir (Arthur Miller moins) : j'ai reçu sa ma commande de CD.
♫ ♪ ♬ Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées *♪♫•*
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit *♪♫•*
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées ♫ ♪ ♬
# Kinderette reprend un médicamant pour traiter ses reflux. Du coup on elle redort 12 heures d'affilée. Nous, ben nous, on est réveillés par Malabarette qui prend la relève. Cauchemars ? Age ? Envie de voir ses parents en pleine nuit ?
# Je ne cesse d'acheter du matériel à peinture pour Malabarette mais j'enferme tout à clé dans notre meuble rouge de peur qu'elle veuille s'en servir et qu'il y en ait partout. C'est complétement idiot.
# Pour la première (et dernière fois sûrement), nous avons fini une année "scolaire" pour une nouvelle où rien ne va changer : Malabarette chez les grands à la crèche au RDC et Kinderette chez les moyens au 1er étage.
Septembre 2012 Elisa à la maternelle
Septembre 2013 Margaux à la maternelle
Septembre 2014 Peut être qu'à cette Rentrée si Elisa saute la 3ème année de maternelle, elle rentrera en CP.
STOP. STOP. STOP. Je suis folle.
Eté 1982. J'ai 10 ans. Nous sommes en vacances en Espagne. Il fait chaud et beau. Nous revenons de la plage. Tout pourrait être bien. Nous sommes en famille. Avec des gens que j'aime. Les vacances ont déjà bien commencé mais la Rentrée est encore loin. Et ma mère, pour faire son intéressante, qui balance tout fort "et dire que demain c'est Noël à organiser ".
Je crois que mon incapacité à profiter du temps présent date de ce moment précis.![]()
Nous avons un problème

# A part ça ma grande a, demain, 2 ans ET DEMI.
# Je suis en vacances Bretagne dans moins d'un mois.
# Force est de constater que juillet est là et que je n'ai toujours pas repris le sport, que je souhaitais pourtant reprendre depuis janvier. Mais qu'est ce que j'ai foutu b*rdel ?
# Faut absolument que je vous écrive deux phrases d'un bouquin lu et qui m'ont fait un flash.
# Plus je mets de l'écran total autour des yeux plus j'ai des taches brunes. Va comprendre.
# Je suis incapable de pondre un billet cohérent et vraiment intéressant. Mon cerveau assure le quotidien, au-delà il est aux abonnés absents. Donc si vous avez une solution pour le problème capillaire qui est le notre, je suis preneuse. Sachant que Margaux fait toutes les bêtises possibles et inimaginables, chouchous, barettes, élastiques sont exclus à moins d'être comestibles. Je vais quand même pas lui mettre du gel ?
Allez, bonne semaine.
PS : eh oui j'ai toujours un billet de retard dans mes réponses aux commentaires.
Edit du lendemain : chose promise, choses due. "Et sans vouloir encore en convenir, tu sais qu'est déjà venu et passé ce moment où tu as franchi les limites au-delà desquelles tout n'est plus que ravages gratuits et incontrôlables tremblements nerveux. Depuis un bon moment déjà, tu aurais dû arrêter les frais, mais tu as continué sur ta lancée, accroché à une comète de poudre blanche dont tu cherches à prolonger l'effet." Bright lights, big city de Jay McInerney.
C'est toujours très personnelle cette envie tout d'un coup de vouloir souligner une phrase dans un livre. Qu'y trouve-t-on ? Qu'y retrouve-t-on qui nous touche tant ?
Week-end chargé

{SAMEDI}
Première nuit Avec Arthur Miller & Sans les enfants.
Donc première grasse mat depuis la naissance d'Elisa. Depuis deux ans et demi.
Deux "fées clochette" ont bien voulu se pencher sur notre berceau et nous offrir ce cadeau : venir dormir à la maison et veiller sur nos filles pendant que nous, nous allions souffler un peu.
J'étais tellement fatiguée ces derniers temps que j'avais oublié à quel point avoir des amis peut être précieux. Je crois même que j'en étais arrivée à oublier que j'avais des amis.
J'ai des amis. Deux fées clochette.
{DIMANCHE}
Suicide collectif de doudous par pendaison (maintenant, vous et moi on se connait assez pour que je laisse libre cours à mon imagination réaliste pessimiste).
{DIMANCHE SOIR}
Les filles sont couchées. Je viens de prendre ma douche. J'ai mis une jolie chemise de nuit orange toute propre et, devant mon écran, je souffle, je surfe. Quelques minutes à moi, rien qu'à moi. Arthur Miller fait de même sur son ipad. Instants entre chien et loup. Dimanche soir, le we prend fin, la semaine s'annonce. Moment de repli. On est chez soi. On reprend ses forces.
Coup de sonnette.
Arthur Miller demande de sa grosse voix "qui ose sonner un dimanche soir chez nous et en plus prendre le risque de réveiller les filles est là ?". Deux voix répondent mais je n'entends pas. Arthur Miller ouvre. Et là je reconnais les voix. Alice & Antoine. Alice & Antoine ? Alice & Antoine ! Alice & Antoine ?!!! Un couple d'amis qui devait peut-être venir diner à la maison lundi soir. C'était sur cette idée vague que notre dernier échange de mails se terminait. Enfin c'est ce que j'avais compris.
Bref résumé de la situation : je suis démaquillée, en chemise de nuit, mon frigo vide, mon congélateur vide, la poubelle qui sent mauvais (merci les couches), la table qui croule sous le bazar des filles et deux amis à ma porte qui attendent de moi que je les reçoive à diner, deux amis qui ont commandé une baby-sitter pour garder leurs enfants ce soir, deux amis qui partent dans 15 jours au bout du monde pour 4 ans.
Grand moment de solitude je vous le dis.
Hop hop hop : Arthur Miller, direction le pizzaïolo, et vous les amis, direction l'épicerie de secours pour tomates cerise et glaces, le temps que je m'habille et prépare la table.
La soirée fut bonne. Zéro stress préalable. Que du plaisir.
Je retiens le concept.



















