De l'air

{Inspirer, souffler}
Je crois que personne ne soupçonne à quel point ces vacances qui s'annoncent sont vitales pour moi. Plus de 4 ans que je n'ai pas vu le vrai soleil, au bord de l'eau, avec des palmiers, moi la fille du Sud.
J'ai fait les sacs.
Je me suis engueulée avec ma mère devant les filles. J'ai constaté le soir au coucher à quel point un enfant entend tout, retient tout. J'ai eu honte de m'être comportée ainsi devant mes filles. Attention, hein, je n'ai pas eu honte de m'être engueulée avec ma mère - qui "offre" une poupée cassée (sous prétexte qu'elle m'appartenait enfant), tachée et dangereuse à mes 2 filles... 1 poupée... 2 filles, y a qu'elle pour croire que ça va passer comme une lettre à La Poste ! En fait ma mère me considère comme une poubelle : elle vide ma chambre d'enfant et se donne bonne conscience en prétextant faire plaisir à mes filles.
J'ai reçu un appel d'un futur client qui me confirme que mon devis a été accepté. Yep yep.
Personne ne soupçonne à quel point ces vacances qui s'annoncent me sont vitales.
Je suis allée chez le coiffeur, histoire d'avoir meilleure mine. La coiffeuse - dont on peut penser a priori que le métier est de me coiffer - a réussi à me faire claquer un élastique dans l'oeil gauche. Et ça fait mal.
Avant-hier, j'ai récupéré ma grande avec un très beau tatouage de morsure sur l'avant-bras droit. Couleurs magnfiques. Plus vrai qu'un vrai en fait. Demande de rendez-vous faite auprès de la direction. Entre griffures et morsures, c'est la 7ème fois que ça arrive. Toujours le même enfant. Heureusement pas toujours la même victime. Mais j'ai juste quelques nausées à l'évocation de cette histoire.
Personne ne soupçonne à quel point ces vacances qui s'annoncent me sont vitales.
A part moi. Et vous peut-être.
Inspirer, souffler.
★*★☆★*☆★ Je vous souhaite un bon WE ★*★☆★*☆★![]()
Parenthèse

Non je ne fais pas de politique mais deux, trois petites choses quand même ce matin :
- Oui c'est bien une "défaite personnelle" et c'est bien de l'avoir reconnu
- comme si ça ne suffisait pas, entendu ce matin cette phrase hallucinante "Le néo-nazisme est entré au parlement d'Athènes"
- Je vous demanderais à vous qui maintenant avez la lourde charge de prendre la relève de le faire certes en pensant à la justice et à la jeunesse mais de le faire surtout avec un souci du long terme et du sens économique.
Fin de la parenthèse.
180°

# L'une est blonde aux yeux bleus, l'autre est brune aux yeux chocolat.
# Quand je vais à la crèche, il m'arrive d'être accueillie au rdc par un "votre fille s'est fait mordre aujourd'hui" (mon coeur fait un bond) et au 1er étage par un "votre fille a mordu aujourd'hui" (mon coeur fait un 2ème bond).
# L'une aime, adore, dévore, tuerait père et mère pour manger du fromage, l'autre n'en veut jamais.
# Sur 90% des photos de l'une bébé, elle se marre, pour l'autre, les photos avec sourire ne datent que de ses 4 mois et restent rares.
# L'une est mon bébé bataille, l'autre mon bébé victoire.
# L'une m'apprend à être maman, l'autre en profite goulûment.
# L'une est capricorne, l'autre son signe complémentaire, cancer (ah tiens là j'ai perdu Arthur Miller).
# L'une est solaire, l'autre lunaire.
# L'une pleure encore à chaque fois que j'ose la sortir du bain, l'autre n'a cessé de pleurer dans son bain que vers 6 mois.
# L'une est un clown naturellement, l'autre très bonne spectactrice.
# L'une étudie, évalue, pèse le pour et le contre, veut comprendre, l'autre fonce et avise ensuite.
Avec mes filles, je fais chaque jour le grand écart.
Un jour ma mère m'a dit en déplorant les différences - et donc désaccords farouches - entre ma soeur et moi "je comprends pas, je vous ai pourtant éduquées pareil". Ah d'accord. Ben le problème il est peut-être là. Qu'on éduque justement pas deux enfants pareil.
Attention, hein, je ne donne pas de leçon de moral, moi qui pour l'instant n'en suis qu'à la constation de leurs si grandes différences et qui suis à ce jour incapable de dédoubler mon éducation, tâtonnant déjà à grande peine chaque jour pour trouver ce qui me semble le plus juste et le plus adapté. Alors, de là à trouver deux solutions justes et adaptées, on va encore attendre un peu !
Cependant, j'ai la conscience aiguë de leurs différences et donc de leurs attentes différentes.
Heureusement, le chocolat noir les met toutes les deux d'accord.![]()
La Simple

J'ai été la femme aux 3 poussettes. Une double et deux simples.
Puis j'ai vendu la double.
Puis est arrivé, le we dernier, le temps de se séparer d'une des deux simple.
Celle qui depuis plus de 3 ans est comme le prolongement de ma main. Celle à qui j'ai confié mon premier bébé. Celle qui finalement a été celle qui fut toujours là à mes côtés, même pendant les plus sombres moments, où il fallait coûte que coûte sortir promener Elisa pour espérer calmer ses pleurs.
Le we dernier La Simple a donc rejoint une famille d'amis qui va bientôt s'agrandir.
La Simple m'a fait un dernier au revoir dans la cour de notre immeuble.
Et bien sûr tout est remonté. Du coeur à la gorge puis aux yeux.
L'histoire continue, ailleurs. Et c'est finalement jolie comme fin que La Simple soit donnée pour rendre encore service et accueillir une 3ème petite fille, mais que cette fois-ci je n'aurai pas portée.
Parfois ma nostalgie et mon sens du détail m'effraient.
Mais je vous jure que je n'ai pas gardé la première mèche de cheveux de mes filles. Juste leur bracelet en plastique de la maternité.![]()
Mes bottes de 7 lieues

"C'est rare que les hommes de son âge parlent de leurs enfants.
Ils sont les enfants de leurs parents, mais ne sont les parents de personne."
Virginie Despentes, Apocalypse Bébé
Inconsciemment à la naissance de ma première s'est mis en place un mécanisme étrange par lequel je me suis convaincue, qu'en ma présence seule, ma fille serait en danger. Puis au moment où je me remettais à peine de ce KO que fut sa naissance et les semaines qui suivirent, la vie, qui aime bien resservir le même plat jusqu'à s'assurer qu'il est bien digéré, m'annonça que j'attendais un 2ème bébé. Double danger donc. Double panique.
J'ai perdu pied dans la maternité.
Personne d'assez avisé pour voir par quel mécanisme j'étais dorénavant régie.
Personne donc pour comprendre mon désarroi. Même pas moi.
"Je suis trop fatiguée", "Deux bébés c'est fatiguant (aparté I : oui deux enfants en 18 mois c'est quand même un chouïa fatiguant)", "Impossible de m'occuper bien des deux seule"... toutes les excuses étaient bonnes pour réclamer de l'aide, m'organiser afin d'être le moins possible seule avec elles, et quand je ne recevais pas cette aide je bouillais d'une sourde colère noire (aparté II : cependant force est de constater que le "peu d'aide" est quand même une réalité).
Jusqu'à ce que ma petite voix me dise "ça peut plus durer".
Je demande à personne de comprendre ce mécanisme. Je l'ai compris et ça me suffit.
Il fallait juste que quelqu'un m'ouvre les yeux.
Si bien placée que j'étais pour savoir que des enfants de mère bien sous tout rapport peuvent souffrir du vide, du manque, du froid, d'insécurité, j'ai projeté sur mes enfants cette vie-là. Sauf que. Sauf que même si je commets de grosses boulettes, l'amour, l'attention, le regard que je leur porte devraient a priori leur faire plus de bien que de mal.
Mes parents sont les enfants de leurs parents, mais n'ont été les parents de personne.
Je suis la fille de mes parents mais aussi la maman de mes filles.
Le petit détail qui change tout se situe là.
********
Tous les soirs de mon lit je vois mes bottes noires posées sur ce tabouret noir.
Hier, en refermant le livre de Virginies Despentes je me suis dit que depuis 3 ans j'avais enfilé des bottes pour fuir tout tête-à-tête avec mes enfants, paralysée que j'étais par cette fausse idée que ma seule présence pouvait leur être néfaste.
Hier, en regardant mes bottes, je me suis dit que je n'avais plus besoin de les enfiler. Que je n'avais plus besoin de fuir.
Je ne me plains pas. Je demande même pas à mon entourage proche de comprendre. C'est comme ça. C'est mon parcours. Long, tortueux. Sans inné, sans acquis pour me reposer. Inventer chaque jour. Créer chaque jour, seule. Se faire confiance. Regarder comment font les autres mamans. Non c'est pas vrai, je regarde pas. J'essaie de puiser au fond de moi un peu de créativité. J'essaie de laisser parler mon intuition enfouie. Je patine. Mais je crois que je construis un peu. Et la confiance commence à venir.
PS : Ceci dit, d'une façon très pragamatique, si vous avez des conseils pour la propreté, je suis preneuse. J'étais tellement contente que Margaux fasse p*p* dans le pot que ma joie l'a effrayée. Depuis elle ne veut plus y aller. Si si si j'ai fait ça.![]()
Palme d'Or

Ma grande a de l'humour.
Entendu hier, alors que je la déshabillais et qu'elle affichait un air coquin que je lui connais peu : "Maman j'ai vu tes cornichons !".
J'ai donc la preuve que ma fille vit une autre vie en dehors de la nôtre. D'abord parce que c'est une expression que je n'ai pas le souvenir d'avoir entendue prononcer en sa présence (mais de quoi parle donc le personnel de la crèche ?), puis parce qu'à part mes deux épisodes d'allaitement, mes "cornichons" sont plutôt de la taille d'une "olive" (olive verte bien entendu pour rester en harmonie avec les références culinaires de ma fille).
Ma fille je te dédie la Palme d'Or de la réplique comique.
Sinon, what else ?
Une kyrielle de jolies choses vues et applaudies. A commencer par le spectacle de Warren Zavatta. Vous posez pas de questions, allez-y ! Quand je vois les "daubes populaires" qui ont du succès (et j'en parle en connaisance de cause puisque j'y ai ri), autant vous dire qu'avec Warren, vous allez voir du vrai spectacle à l'état pur.
Puis j'ai aimé Le Fils de l'Autre. Alors bien sûr Télérama fait sa star en critiquant, mais moi je peux vous dire que ça m'a touché et que je suis pas sûre que beaucoup de gens aient ce talent nécessaire pour raconter un sujet délicat avec autant de retenue.
Et j'ai dévoré coup sur coup deux lectures qui une fois achevées m'ont laissé un étrange sentiment d'abandon tellement je me réjouissais chaque soir de retrouver l'intelligence de leurs personnages Et Nietzsche a pleuré de Irvin Yalom et, grâce à elle, Le Choeur des Femmes de Martin Winckler.
Rien à voir, mais ça y est, j'existe pour l'administration et mon nouveau régime de sécurité sociale. Alors un grand merci à toutes celles qui m'ont aidée à y voir clair et à ne pas perdre patience.
Et puis pour finir je vais abuser de vous et de vos tuyaux : 3 heures d'avion avec deux louloutes de 3 ans et des bananes et 22 mois, vous gérez ça comment ? Et le réveil à 5h du mat pour prendre ce p*tain de charter qui décolle aux aurores, une idée pour que ça se passe bien ? La maman angoissée que je suis a du mal à respirer depuis que j'ai appris l'heure du décollage.
????????????????????????????
Merci pour vos astuces de la vie.
ps : et puis tant qu'à faire un billet fouillis, j'en profite pour vous dire que grâce à mon APN qui a lâché, vous avez échappé aux énièmes photos de fleurs des cerisiers du Japon que l'on voit fleurir un peu partout. Avec un peu de retard, je vous souhaite un doux printemps. Naaaan je plaisante, poisson d'avril, mon APN va très bien. ![]()
Enfances
{Elisa - 9 mars 2012}

Première sortie de chez le coiffeur.
Je rêve où ma grande a déjà des allures de petite femme ?
Après le coiffeur, nous filons pour notre première virée shopping entre filles femmes donc. A travers les allées d'un grand magasin de fripes qui commence par Z et finit par A (ah ah ah), je m'arrête pour regarder un manteau orange et m'exclame en le sortant du rayon :
- Il est joli ce manteau !
Petite voix malicieuse de logique implacable :
- Prends-le Maman !
Echange de sourires avec les personnes témoins de cet échange digne du monde merveilleux des bisounours.
Moi, plaisantant :
- Tu me l'offres Ma Fille ?
Elle, après quelques secondes de réflexion, d'un ton non dénué d'une incroyable sagesse et surtout empreint d'un sens des réalités pointu :
- Euh... ben remets-le maman.
Il semblerait qu'à l'insu de mon plein gré ma fille de 3 ans ait déjà compris certaines choses du monde dans lequel nous vivons.
{Margaux - mars 2012} 
Margaux, 20 mois, sait parfaitement se faire comprendre.
Réveil de sieste.
Margaux plante les yeux dans ceux de son père et se met à tourner silencieusement plusieurs fois sur elle-même.
- Tu veux aller au manège Margaux ?
Acquiescement de soulagement.
*******
Vous croyez que si demain matin je ferme les yeux très fort devant mes filles, elles vont comprendre que je veux faire une grasse mat ?![]()
En Quarantaine

Vous aviez remarqué vous que les gens nés en 1956 allaient fêter leurs 56 ans cette année ? C'est fou, non ?
Née en 1972, je fête aujourd'hui mes 72 40 ans.
Well, well, well.
Alors je me suis dit ce matin que j'allais essayer pour une fois, pour un jour, de mettre en quarantaine mes doutes, mes peurs, mes angoisses, mes questions, mes colères, mes attentes, mes rancoeurs et savourer les mots doux, les attentions, les surprises qui fleurissent depuis ce matin.
Ces preuves d'amour et d'amitié sans lesquelles je persiste à penser que la vie est bien triste et que les fuir - ne pas savoir les recevoir - doit masquer bien de la douleur.
Je me suis dit aussi que finalement j'avais de la chance d'être arrivée jusque là.
Je me suis dit aussi que le miroir dans le dos que l'on se trimballe tous (surtout à 40 vous ne trouvez pas ?) me reflétait de bien jolies choses. Même si il y en a encore des "même si".
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Tchin !
ps : à la tienne M.![]()
St Jean de Dieu

Longtemps je l'ai cru, mais depuis longtemps je n'y crois plus.
Arf quand on peut écrire deux fois "longtemps" dans ce genre de phrase,
c'est qu'on est devenu vieux, non ?*
{Texte écrit lors de mon précédent atelier d'écriture dont le thème était "Femme d'ici et d'ailleur, de nos souvenirs"}
Elle est fière. En ce matin kenyan, elle est chez elle, dans sa hutte ouverte aux touristes. Il fait très sombre. Sa longue main cherche le sein nourricier.
Elle est belle. En ce matin de victoire, elle savoure. Il fait bon. Ses mains manucurées se félicitent.
Elle est âgée. En ce matin d'impatience, elle attend son médecin. Il fait lourd. Ses mains inquiètes tiennent ses résultats.
Elle est maman. En ce matin de Rentrée, elle est présente. Il fait doux. Ses mains maternantes tiennent aussi sa canne blanche.
Elle est celle que j'envie. En ce matin comme les autres, elle chante. Il fait le temps qu'elle décide. Ses mains innocentes dansent avec l'air du temps.
Elle est volontaire. En ce matin d'examen, elle se concentre. Il fait un peu frais. Ses mains aux ongles rongés comptent sous la table.
Elle est usée. En ce matin de grève, elle est en retard. Il fait moite. Ses mains abîmées s'accrochent à la porte du RER.
Elle est sur le trottoir. En ce matin d'aurore, elle clot ses nuits d'amour. Il ne fait pas encore vraiment jour. Ses mains aux mitaines dentelées et filées tiennent une énième cigarette.
Elles sont toutes là. Gravées dans mes souvenirs. Il fait presque jour. Et leurs mains sont dans la mienne chaque matin.
*****
Bon, je sais bien qu'il ne faut pas tout mélanger mais cette Journée de la Femme qui tombe le jour de la St Jean de Dieu ("proclamé par Léon XIII patron des malades, des hôpitaux et des ordres hospitaliers et par Pie XI, patron des infirmiers, infirmières ainsi que des imprimeurs, relieurs et libraires. Les personnes alcooliques sollicitent son aide pour guérir leur dépendance") moi ça me laisse perplexe. Pas vous ?![]()
source photo
* l'approche de mes 40 ans ne doit pas être complètement étrangère à ce genre de pensée. J'avoue, ça me travaille. Je pensais pas. C'est juste une date pourtant. Un jour. Une autre dizaine quoi. La moitié de la vie quand même grosso modo.
Welcome dans un monde merveilleux

Well, well, well. La vie suit son cours. C'est étonnant comme c'est en vivant que l'on découvre les bugs de l'existence.
Exemple.
Je passe un IRM. Je donne ma carte vitale. Et là, la secrétaire me dit "désolée, vos droits sont fermés" et la bouche en coeur elle rajoute "vous me devez 400 euros". Mais y a pas de souci, 400 euros, tu penses, une broutille ! D'ailleurs, attends, je les ai en liquide dans mon porte-monnaie. Tiens, tu préfères en petites coupures de 20 ou en grosses coupures de 200 ?
Légèrement en colère, j'appelle donc notre amie la sécurité sociale. Qui me confirme "que mes droits sont bien fermés" et me demande mes bulletins de salaire de février.
Réponse de ma part "Je n'en ai pas puisque mon CDD s'est terminé en décembre et que je me suis installée dès janvier en free-lance".
Pas bornée, la dame me demande donc mes attestations assedics.
"Ben je n'en ai pas non plus puisque je ne suis pas demandeuse d'emploi (Sarko, tu peux me remercier), puisque comme je vous l'explique, je me suis installée en auto-entrepreneuse depuis janvier".
Elle tente donc une autre piste "vous pouvez demander à être rattachée à votre conjoint mais ça prend 6 semaines." Et elle rajoute "mais ça risque de bloquer votre demande d'affiliation au régime des indépendants".
Well, well, well.
Je fais quoi donc pour tous les frais médicaux qui me tombent dessus là maintenant et que je n'ai pas choisis et crois moi que je me serais passée de cette p*tain d'hernie discale ?
"Ben... vous avancez les frais (allô Arthur Miller, tu peux m'aider là, j'ai un petit souci de trésorerie ?) mais ne vous inquiétez pas ils vous seront remboursés rétroactivement".
Et là, la question à 100 000 euros : Et je les avance pendant combien de temps ?
Eh ben vous savez quoi ? Dans le monde merveilleux de l'auto-entreprise personne n'est capable de me renseigner et de me dire quand je vais enfin être officiellement immatriculée. Ni l'Urssaf, ni la RSI, je ne vous parle même pas de l'Insee qui quand je l'informe que je suis "Rédactrice" me classe en "Autres activités artistiques" et qui, quand je lui fais remarquer sa bourde -pas anodine car cela me classe en artisan et pas en profession libérale- me catégorise en "Photocopie et autres soutiens de bureau".
Si si je vous jure.
Et là, ben j'ai baissé les bras. Je me suis juste assurée que j'étais bien classée cette fois-ci en profession libérale.
Donc, bonjour, je me présente à vous "Le Chat, spécialiste en photocopies".
Elle est pas belle la vie ?
ps : heureusement Cannes me met à l'honneur et me fait souffler des bougies à l'occasion des 50 ans de ma mort. Etrange comme hommage, non ?
De la légèreté...

De la légèreté de jouer avec des questions que je ne me pose pas mais qu'on me pose et dont les réponses sont sans importance. Donc je me plie au tag de Céleste avec plaisir et légèreté. Enfin avec la légèreté dont je suis capable.
1 Un super pouvoir ? En rêve, Celui de me télétransporter. En vrai, mon intuition qui en fait n'est rien d'autre que de l'empathie sincère et un vrai sens de l'observation et de la déduction.
2 Une phrase que tu n'as jamais osé dire ? "Là, tu m'emmerdes."
3 Une grosse honte ? Ma difficulté à être, pour mes filles, et à mes yeux la maman de mes rêves.
4 Un tic de langage qui t'exaspère ? Au jour d'aujourd'hui.
5 Un gros mot ? P*t*in de b*rdel de m*rde.
6 Une réplique de film ? "C'est une catastrophe Thérèse" (sorry c'est la seule dont je me souvienne, je n'ai aucune mémoire pour ce genre de choses). Mais digne d'une réplique de cinéma, voici ce qu'un garçon qui s'apprêtait à m'embrasser m'a répondu un soir en boite quand je lui ai demandé s'il était fidèle à sa copine (sic) du moment "Oui. Parfois". C'était vrai. C'était clair.
7 Une technique de drague vraiment zarbi ? L'ignorance.
8 Une destination de rêve ? Une plage, du sable fin, pas d'algues, la mer chaude, pas de méduses, pas de bêtes/insectes, quelques palmiers pour l'ombre, seul le clapotis de l'eau en bercement. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de souvent rencontrer de tels endroits idylliques. Sauf en Grèce. Mais si vous en connaissez d'autres, je veux bien vos adresses. Histoire de rêver.
9 Ton pseudo de hardeur/se (ton deuxième prénom + le nom de ton premier animal de compagnie) ? Arf je comprends pas la question. Mon 1er animal de compagnie s'appelait Skiko. C'était un écureuil de Corée. En dépression nerveuse dans sa cage. Un jour mon inconscient a oublié de refermer la porte de sa cage.
10 Cigale ou fourmi ? Cigale contrariée, donc fourmi.
11 Ton idéal masculin / féminin ? Je n'idéalise personne. Mais en photo, Redford jeune me plait assez. Ou Pierce Brosman maintenant. Ou Marlon Brando jeune. Féminin ? J'ai vraiment un faible pour la beauté de Christy Turlington. Mais si je creuse un peu, je crois que je suis assez admirative des gens qui, avant de se tourner vers les autres, ont entrepris le vrai boulot de s'aimer d'abord soi-même pour, en toute honneté, aimer vraiment les autres.
Ingrid ? Lilou ? Miss Zen ? Clem Orange ? Belliflora ? Juju pour te donner le goût de revenir ? Lola dans 18 ans quand tu auras un peu de temps ? La femme de George parce que je sais que tu le feras pas ? Parce que toi aussi je sais que tu le feras -peut-être- pas ? Eve ? Arf j'ai pas onze amies. Bon ne me remerciez pas, c'est Céleste qu'il faut remercier pour ce tag.
A vous de jouer avec ces mêmes 11 questions ou celles de Gol. Oui je sais je triche.
7h30/12h

Alors certes je n'ai pas lancé d'OPA sur le groupe PPR, ni convoquer d'urgence une réunion "Budget", ni même eu RV avec mon conseiller retraite/assurance vie, mais j'ai quand même :
1/ réalisé au lever de ma grande de 3 ans qu'elle avait de la fièvre, je lui ai donc donné du Doliprane, jeté le flacon vide, sorti le nouveau du stock pharmacie (que j'ai pensé à constituer) pour le placer dans la salle de bain afin qu'il soit à portée de mains lors du prochain besoin
2/ pensé à prendre pour la crèche le tube de crème cicatrisante pour ma même Grande qui cumule les petits bobos
3/ pensé à prendre les 3 doudous (non je n'ai pas eu un petit 3ème sans vous en parler mais ma dernière a porté son dévolu sur 2 doudous histoire de nous simplifier la tâche)
4/ pensé à informer l'auxiliaire de la dose de paracétamol donnée à 8h45, sans que ma Grande m'entende car je me suis rendu compte que commencer la journée en disant qu'elle n'allait pas bien la faisait pleurer quand je lui disais au revoir
5/ pensé à laisser le tube de crème
6/ glissé un nouveau petit mot à l'oreille de mon auxiliaire "préférée" au sujet de ma recherche d'une baby-sitter compétente pour nous accompagner cet été une semaine en Bretagne, en espérant très fort qu'elle accepte de le faire
7/ envoyé un texto (en fait 3, elle m'a répondu, je lui ai répondu, etc.) à Chantal qui s'occupe si s'occupe si bien de mes filles à la crèche mais qui, en faisant l'équilibriste sur un tabouret chez elle, s'est fêlé 2 côtes hier
8/ pensé à retirer 40 euros
9/ fait un détour par le supermarché du coin pour acheter la crème fraîche qu'Arthur Miller avait oublié le we dernier et porté 6 packs de lait pour les petits-déjeuners à venir (je vous ai dit que j'avais une hernie dorsale... ah la bonne blague !)
10/ envoyé une brochure -que j'ai corrigée- à mon client et envoyé deux mails pour trouver deux nouveaux clients
11/ organisé un RV pour une visite d'appartement samedi matin
12/ pris le bus pour retourner chez H*m* dont la vendeuse hier a oublié de me donner les deux couvercles des boites que j'ai achetées (grrrrrrr)
Et bien sûr j'ai aussi préparé ce matin deux biberons, dans lesquels j'ai écrasé deux comprimés de vitamines, nettoyé la table du petit-déjeuner, lancé et sorti la machine, habillé de multi couches les filles pour les éplucher dès notre arrivée à la crèche, entre-temps je me suis battue avec Margaux pour qu'elle accepte que je lui change sa couche (changement de couches : 3 en une heure, Arthur Miller en ayant pris une à sa charge). Puis j'ai marché 20 minutes pour arriver à la crèche, en poussant 40 kilos (la poussette + Margaux dedans + Elisa sur la planche à roulettes) tout en répondant aux 103 questions de ma Grande.
Je fais le métier le plus vieux du monde (non pas celui auquel vous pensez). Le métier le moins payé au monde (vous voyez bien que ce n'est pas celui auquel vous pensez !). Ce fameux métier pour lequel il n'y a ni vacances, ni formation, ni RTT, ni WE, ni reconnaissance et travail de nuit obligatoire.
Celui-là même qui demande de penser à 10 choses en même temps.
Celui-là même pour lequel personne ne me demandera ce soir, demain, un autre jour si je suis fatiguée parce que je suis une "maman qui travaille chez elle" et que dans l'esprit de ceux qui ne savent pas je passe mes journées à me prélasser au bord d'une piscine.
D'ailleurs, là je vous quitte, je dois me remettre de la crème solaire.![]()
ps : j'ai bien lu vos tags Mistinguettes Gol et Céleste. Je m'y colle (ou pas) dès que le maître nageur a fini de me masser.
Expériences...

...difFicile
Cinq jours et six nuits seule sans Arthur Miller pour m'occuper des filles, gérer mon mal de dos, mes insomnies, le froid. Le savoir en vacances alors que c'est moi qui tenais la maison. Pas facile comme expérience. Ouf, il est rentré samedi matin.
...rAre
Une nouveau matelas, neuf, rien que pour nous, que nous avons inauguré ensemble. Et malgré mon mal de dos j'ai savouré cette expérience rare d'être la première à marquer de mon empreinte corporelle un nouveau matelas. Je croise les doigts pour que ce soit une solution à mon mal de dos et mes insomnies.
...UniQue
Une réflexologie plantaire digne des mille et une nuits. De mon entrée dans ce lieu magique à ma sortie tout a été parfait, à la hauteur de la définition du mot "luxe". Un accueil discret et efficace, une prise en charge de la cliente sans fausse note, un cadre propre, agréable où tout est bien conçu, pour se déshabiller puis se relaxer lors du soin. Et surtout le soin en lui-même, prodigué avec attention et grand professionnalisme. Tout ici a été intelligemment étudié. A côté, la réfléxologie chez Nuxe qui se veut pourtant le temple du "luxe bobo" est nul : pendant 20 minutes le pied est enveloppé dans une sorte de grosse moufle brûlante. Une pure aberration.
Chuuuuut... je vous livre mon secret du luxe parfait : c'est ici.

...maRquanTe
Je ne suis pas une référence, je suis extrêmement bon public. Et puis j'ai le plus grand respect pour le cinéma et ses professionnels. Savoir installer une ambiance, créer des personnages dont on peut parfois se souvenir toute une vie, faire passer des messages à travers une façon de filmer, saisir un sujet et le dérouler avec génie, entêtement, tenacité et efficacité, tout cela en une heure trente, je suis profondément admirative de ce talent. Vu Detachment donc. Hormis le fait que vous risquez de vouloir tromper -virtuellement s'entend- votre amoureux avec Adrien Brody, que ce film est d'une noirceur engluante, réelle et quotidienne, j'en suis ressortie touchée au coeur.
Nouvelle semaine, nouvelles expériences ? BoNne sEmaine à vOus.![]()
Liste

1# Vous savez quoi ce matin ? Ma Grande, qui me rejoint dans la cuisine, et me dit les yeux dans les yeux après m'avoir adressé son bonjour "tu es jolie maman". Même que c'est pas Arthur Miller qui lui a soufflé. Même que je ne lui ai pas demandé. Même que c'est sorti tout seul. Vous vous rendez compte ? Pas mal les 3 ans. Faudrait juste gommer les dernières crises/caprices/colères existentielles de la fin du "terrible two" et nous serons elle et moi en pleine lune de miel.
2# Je vous ai dit que la semaine dernière entre deux visites chez la pédiatre, deux jours off de la crèche pour ma petites, des nuits de m*rde, j'ai quand même trouvé le temps de m'inscrire en auto-entrepreneur, de négocier mon 1er contrat et de créer mon logo ? Trop la classe mon logo. ça m'arrive pas souvent d'être fière mais là je dois recoconnaître que j'ai bien envie de me la péter assuré.
3# Oui je sais c'est pas beau de faire un cadeau à un être aimé plus pour se faire plaisir que pour lui faire plaisir. Mais voilà c'est ce que j'ai fait pour Noël dernier. Notre famille en portrait (by OléOhlala) pour Arthur Miller qui a eu la décence de ne pas souligner mon indécence à me faire plaisir.
4# Je fais le tri parmi les amitiés. Je suis en plein chagrin de deuil. Mais à quoi bon se voiler la face ? "Aller vers des gens qui me font du bien + aller vers des gens à qui je pourrai faire du bien = être moi-même". Voilà la nouvelle équation que je vais appliquer.
5# Je voudrais être de celles qui savent en un tour de main transformer la réalité en conte de fée pour enfant, pour mes enfants. Je n'y arrive toujours pas. Mais je garde espoir. Peut-être qu'un jour j'arriverai à leur dessiner un bonhomme dans leur assiette, ou un bateau sur la mer, ou que sais-je encore. Peut-être qu'un jour je trouverai la clé d'accés à l'enfance.
6# L'air de rien, force est de constater que même en étant une mère qui ne cuisine pas, mon B*by C**k est quand même sur le point de rendre l'âme. C'est donc bien que je l'ai utilisé.
7# J'ai une colère sourde qui gronde et m'empêche de régler certaines choses avec certaines personnes de mon entourage. Alors j'attends que ça passe. Mais les choses devront un jour être dites, demandées, expliquées, soulignées.
8# Ce soir le we commence. WE particulier puisque le monde du travail sabote notre WE familial en faisant partir Arhtur Miller dimanche matin.
9# J'ai de vrais amis. Peu. Que je ne vois pas assez. Je voudrais comprendre pourquoi je n'arrive pas à aller plus vers eux, passer du temps avec eux. Pourquoi ce repli chez moi, dans ma solitude ? Mais j'ai confiance : je me pose les questions.
10# Ah je vous ai pas encore dit : ma mère, ma mère pour la 1ère fois était là pour l'anniversaire de sa petite-fille. Difficile de trouver une 4ème excuse. Bon, elle a quand même fait une coqueluche juste avant et une gastro juste après mais, manque de bol, le 15 janvier, elle a pas trouvé d'excuse.
Allez, passez un bon we les amis.![]()
DO(u)DO(u)

Voilà, maintenant je sais.
Je sais pourquoi on devient vieux.
Trop de fatigue accumulée qui installe inexorablement des cernes sous des yeux qui chaque matin se disent dans le miroir de la salle de bain "tiens bon, demain tu essaieras de te reposer". Et chaque soir se disent devant ce même miroir "peut-être demain".
Trop d'incertitudes, de responsabilités, de mauvaises nouvelles et c'est la lassitude qui s'installe, engluante, tétanisant l'élan de vie.
Trop peu de temps à soi, rien que pour soi. Non, je ne parle pas de ce temps fameux temps libre des mamans qui finalement l'occupent à faire les courses, trier les affaires du petit dernier devenu définitivement trop petites, lancer une machine, sortir une machine, penser à programmer la prochaine visite chez le pédiatre/l'orl/l'homéopathe, aller à la pharmacie pour donner l'ordonnance de la veille, optimiser l'aménagement des chambres, passer commande pendant les soldes pour l'hiver prochain... non je parle du vrai temps libre. De celui où regnait avant la liberté de la légèreté.
Trop de désillusions aussi. De manque de communication, de silence, d'incompréhension qu'on n'a même plus la force de percer à jour.
Maintenant je comprends pourquoi à un moment dans sa vie on s'étiole, pourquoi on commence à devenir vieux, à se sentir vieux.
Je m'en vais à la crèche parce que c'est l'heure et que mon temps libre même ici m'est compté.
Je pense à ce soir devant mon miroir et à ce que mes yeux me diront : "peut-être demain".
L'âge d'or

Ce soir je relis ce billet avec beaucoup d'émotion.
Ce soir je me souviens. De l'incertitude. Du bain chaud. Des appels à mon amie sage-femme qui a suivi ma grossesse. De ma douleur. Du taxi. De l'arrivée à la maternité. De la salle de travail. Du cadeau reçu quelques jours avant, le 1er pour Elisa, offert par la magie du virtuelle. Je me souviens de la péridurale, trop légère, mais à l'époque je ne savais pas que l'on pouvait moins souffrir. Et je me souviens de tant d'autres choses que la pudeur retient.
Je me souviens de tout ce que je ne savais pas encore.
Bien sûr les anniversaires sont pour les enfants mais je pense que toutes les mamans au monde me comprendront si je vous dis que ce soir je suis née aussi il y a 3 ans.
Happy 3 ma fille, happy Birthday mon trésor.
PS : Arf que cet âge-là est délicieux. Du jour au lendemain, le "terrific two" a laissé place à une enfant désireuse de faire plaisir, charmante, affable, à l'écoute. Tout pourrait être parfait sauf que. Sauf que Margaux a décidé avec quelques mois d'avance d'imiter sa soeur. Mais sa soeur d'avant l'âge d'or.![]()
Voeux

{Margaux jouant à cache-cache}
Plus de souplesse
Moins de cris
Continuer à chercher
Trouver enfin
Choyer l'essentiel
Ne pas s'endurcir plus
Retrouver les rêves, le plaisir, l'imagination, l'émerveillement
Nager en eaux claires
Leurs donner envie de grandir
Ne plus avoir peur de grandir
S'ouvrir à de nouvelles amitiés
Fêter nos 10 ans ensemble, amoureux.
Allez, que tu sois belle, noire, dure, douce, 2012 nous voilà !![]()
Humilité maternelle
L'autre soir au moment du coucher de ma Grande de bientôt 3 ans, je lui trouvais un air ailleurs, songeur, peut-être propice à la confidence d'amour.
- Tu veux me dire quelque chose mon gros bébé ?
- C'est quoi "quelque chose" ?
- arf ça commence mal Ben, "quelque chose", ça veut dire "un truc". Tu veux me dire un truc ma Fille ? Tu veux me dire "je t'aime maman chérie d'amour ?
- ?!!!
- ...
- Ouiiiiiisssstitiiiii !
***************
Bon ben les amis je vous ouistiti très fort.![]()
bye-bye hier

Bientôt 18 mois. Le 25 exactement.
Refuse obstinément de prendre son biberon toute seule.
Mais mange remarquablement bien toute seule à la cuillière.
Dit "tatine" pour le pain, dit "tatine" pour dire merci. Aime le pain donc.
Rouleau compresseur de bonne humeur.
Adore qu'on lui coure après.
Tourne très (trop ?) facilement la tête de droite à gauche et découvre depuis une semaine qu'en y associant un son "naaaan naaan naaaan" cela peut avoir certaines conséquences.
Sait -vraiment- se moucher depuis des semaines.
Parfaite maîtrise du "au revoir", à La Poste, au facteur, à la poupée, à la salle de bain.
Profite goulûment de tout ce que j'ai appris grâce à ma Grande.
Parfois je me dis que tout est tellement en place maintenant qu'un 3ème pourrait facilement pointer le bout de son nez.
Je regarde en arrière et repense au tsunami solitaire traversé. A tout ce qu'il a fallu reconstruire, inventer, extirper du néant, créer.
Pour moi, la maternalité a été l'expérience ultime qui m'a fait naitre grandir mais qui a aussi failli me faire perdre pied. C'est à ce moment-là de ma vie que j'ai compris d'où je venais. Que j'ai pris la mesure de ce néant affectif qui avait été mon quotidien les années de mon enfance.
Le courage de regarder. Le courage de s'en défaire. Le courage de reconstruire. Le courage d'y arriver. Parfois.
Après 3 ans de doutes, de traversée du désert, je commence à entendre et donc à comprendre que même si je foire parfois, mes filles n'auront jamais à souffrir ce que j'ai vécu. Parce que tout est différent. A commencer par le père qu'elles ont la chance d'avoir.Et grâce aussi à la mère que je suis. Je crois que j'ai enfin ouvert les yeux sur la réalité.
*****
Je sais, je radote. Fin d'année. Peut-être derniers piètinements avant de tourner définitivement -et enfin- la page de ce magma gluant et nauséabont qui me tient lieu de souvenirs d'enfance.
Allez, on y croit.
♡ ♡ ♡ Joyeuses fêtes de fin d'année à vous ♡ ♡ ♡![]()
Dans les yeux

Je crois que je ne pourrai jamais cesser de venir ici, écrire.
Avec le-monsieur-qui-m'aide-à-aller-mieux, je travaile sur le concept de légitimité. Légitimité à me sentir et oser me dire être une bonne maman. Il me parlait de cette force viscérale qui émane de soi pour décider un jour d'être ce que l'on souhaite être. Une histoire de socle qui ne serait pas friable en quelque sorte et sur lequel les "on-dit", angoisses infondées et regards extérieurs n'auraient pas de prise.
Et je comprends très bien de quoi il parle. Une fois -une seule- dans ma vie j'ai ressenti cette légitimité.
Cela a commencé par une opportunité au sein de l'entreprise pour laquelle je travaillais mais que je voulais quitter. Je retirais ma démission et en échange je pouvais travailler à mi-temps en me consacrant à l'écriture. Je me suis doutée des jalousies que ce deal allait créer, je me suis doutée des incompréhensions à mon encontre, je me suis doutée des jugements de paresse ("quoi, travailler à mi-temps, mais ce n'est pas du travail ?!"), je me suis doutée des sourires en coin et des levées de sourcils dubitatifs et moqueurs, je me suis doutée de tout cela mais si vous saviez comme je m'en foutais.
Je me doutais bien aussi que cela n'allait pas durer et qu'il me faudrait retourner, un jour ou l'autre, à un statut plus "normal" qui incluerait d'autres taches que l'écriture.
Mais il y a eu l'ouverture de ce blog. Et les billets, nombreux. Et les commentaires, précieux. Il y a eu vous, votre fidélité, nos échanges par écrans interposés.
Et peu à peu s'est imposée à moi cette légitimité dans l'écriture. Et la force de m'y consacrer.
Voilà. Je voulais que vous le sachiez.
Sans ce qui se passe ici jamais je n'aurais osé persévérer dans l'écriture. Mon socle, solide et inébranlable, il s'est formé ici.
Alors je voulais vous le dire dans les yeux : merci.
PS1 : Grand écart ce week-end : vu samedi soir Les Lyonnais et dimanche matin le spectacle de Tchoupi. Heureusement la vraie vie se situe entre les deux.
PS2 : vous saviez vous que Lanvin avait les cheveux poivre & sel ? Arf, ça veut dire que je vieillis alors. Non. Je serai vieille quand Tchoupi sera en déambulateur.![]()


















