Les enfants nous regardent. Les enfants imitent naturellement leurs parents.

# J'en ai pris conscience un soir quand je suis allée chercher ma fille à la crèche et que je l'ai découverte penchée sur un jouet et portant son bébé-poupon en écharpe sans être entravée dans ses mouvements. C'était naturel. C'était naturel pour elle de porter son bébé ainsi et de vaquer à ses occupations.

J'en ai été émue aux larmes. C'était la première preuve d'une transmission mère-fille. La 1ère preuve de quelque chose de bien -à mon sens- que j'avais natuellement appris à ma fille.

# Il y a quelques mois, j'ai réussi à poser des mots et des actes pour écarter ma soeur de ma vie et ne plus me conformer à la pauvreté des relations qu'elle m'offrait. J'ai réussi à m'affranchir de son égocentrisme et de son égoïsme.

J'entends encore l'écho moralisateur : "oh là là mais on ne se fâche pas avec sa soeur". OK. Mais concrètement qu'ai-je à y perdre ? Rien. Rien puisqu'elle ne m'apportait rien au quotidien ni même épisodiquement. Et le jour où j'ai compris cela, le jour où je me suis également affranchie de l'idée de masse bêtement véhiculée, quelle grande liberté enfin ! Si ma soeur avait été "autre", alors oui bien sûr j'aurais perdu beaucoup en m'entêtant dans la dispute et l'éloignement. Et j'aurais d'ailleurs fait le 1er pas pour une réconciliation parce que "oui, c'est terrible de se fâcher avec sa soeur".

Mais voilà, en mon âme et conscience, je maintiens le cap de la sortir de ma vie, parce qu'elle ne me propose que des "relations de courtoisie" (ce sont ses termes) et qu'en plus elle m'écrit que "ma vie, mes bonheurs, mes malheurs ne l'intéressent pas" (ce sont ses termes bis). Et quand je prends la peine de lui souligner la tristesse ressentie à la lecture de ses propos elle me répond que "d'excuses je n'en aurai pas". Alors je pourrais continuer à maintenir dans mon entourage -et dans l'entourage de mes filles- une personne capable d'aussi peu d'empathie et d'intelligence humaine -et me conformer à l'idée de masse- mais non je ne le ferai pas.

Et voilà ma 2ème fierté : ne pas donner comme exemple à mes filles l'obligation d'entretenir des relations qui nous sont toxiques, même familiales.

Mais les enfants nous regardent. Les enfants imitent naturellement leurs parents.

Ma grand-mère maternelle n'a jamais entretenu de grandes relations avec ses frères. Ma mère s'est fâchée avec son frère et une de ses soeurs. Mon père entretient des relations de courtoisie avec sa soeur. Je me fâche avec ma soeur.

Mais les enfants nous regardent. Les enfants imitent naturellement leurs parents.

J'ai deux filles qui sont soeurs (marquis de La Palice bonjour !). La vie est dure et je mesure l'importance -et la chance- d'avoir dans sa vie un être qui a les mêmes racines, connu les mêmes parents, partagé les mêmes souvenirs d'enfance.

Mais les enfants nous regardent. Les enfants imitent naturellement leurs parents.

Ai-je tord ? Ai-je raison ? Mon choix m'appartient-il vraiment ou suis-je prisonnière d'un mode de fonctionnement familial ? Souvent je sais avec certitude que j'ai raison mais parfois je ne sais plus.

PS : Une telle position n'est pas sans autres conséquences. Quid de mes relations avec mes neveux et nièce ? Quid des relations entre mes filles et leurs cousins/cousine ? Je voudrais que nos problèmes d'adultes ne rejaillissent pas sur "les petits". Mais la distance physique (900 km) renforce la distance émotionnelle. Si vous avez des solutions, des suggestions, je suis preneuse parce que là je vois le bout de l'impasse.

PS 2 : tu vois Lola ton dernier billet me trotte dans la tête.Le_Chat