Il n'y en avait plus que deux autour de nous.
Bientôt, il n'y en aura plus qu'un.
De couple avec enfants qui s'aime toujours. Qui résiste. Qui surmonte le temps.

Putain d'époque quand même.

Mon coeur se serre à l'idée de ce nouveau couple d'amis qui va mal.
Un jour pourtant leur coeur a battu fort la chamade au point d'envisager la vie à deux et de prendre le risque de la vivre ensemble.
Au point de prendre le risque d'accepter le regard de l'autre sur son propre quotidien.
Au point d'accepter la présence d'un autre même quand on aura envie d'être seul(e). Même quand on aura envie "d'autre chose" mais qu'il faudra inventer une vie faite de compromis, d'intelligence pour donner sa chance à cette vie d'engagement.

Un jour ils ont la délicieuse, la folle, la fougueuse envie de mettre au monde un enfant. Un jour ils ont pris le risque de vouloir vieillir d'un coup en devenant les "ascendants de" et non plus seulement les "descendants de".
Ils ont pris le risque de vouloir transmettre, éduquer, apprendre à porter à bout de bras un enfant dont il faudra se réjouir un jour de le voir s'envoler de ses propres ailes. Apprendre à donner, encore et encore, et toujours. Ils ont souhaité participer à la ronde du monde en l'agrandissant.

Ils ont pris tous ces risques-là.

Aujourd'hui ils se séparent. Certains y verront un échec.

Mais ils ont osé. Ils ont aimé "au point de". Ils ont accepté le risque de l'échec. Ils ont essayé. Ils se sont mesurés jour après jour à la présence de "l'autre" qui oblige à une remise en question constante. Ils ont espéré, ils ont connu des jours de félicité, ils ont sauté à pieds joints dans l'espoir.

Peut-être ont-ils eu tord ?

Ou pas.

Parce qu'une vie sans prise de risque est une vie qui ne donne pas sa chance à la Vie.
Qui laisse la peur la gouverner.
Qui n'autorise pas de croire que l'on peut tomber puis se relever.

Or seuls les nourrissons ne savent pas se relever. Puis ils grandissent. Le_Chat