Elles viennent de fermer la porte, Arthur Miller avec elles, et je remonte au salon, un peu exténuée, vidée par le début de ces vacances de la Toussaint. J'avais dit OK pour les garder la première semaine mais à une condition : l'aide d'Arthur Miller jeudi pm et vendredi pm. Donc là c'est ma pause. Enfin.

J'arrive au salon et mon premier geste est d'allumer la chaine hifi pour décider du "bruit" que je veux entendre. Fini les "maman, E. m'a mal parlé", "maman, tu peux venir m'essuyer", "maman, il est où mon cahier ?", "mamaaaaaaan ?", etc. Ce sera du Bashung.

Je crois que ces 3 derniers jours j'ai un peu abusé de l'offre culturelle parisienne : atelier Niki de St Phalle au Grand Palais, atelier sur la mode des années 50 au Palais Galiera et atelier sur les Matières au Musée des Arts Décoratifs. Mais peut-être que dans ce magma de nouveaux mots, nouveaux univers, nouvelles découvertes y puiseront-elles pour plus tard ce que j'appelle le "fermeture Eclair de la vie" ?

Arf, je vous vois plisser les yeux derrière votre écran. Arf, j'avais pas prévu de vous parler de ça, moi, aujourd'hui. Voilà ce que c'est de lâcher les vannes. Trois jours et demi que tout est minuté avec les filles et à peine ont-elles le dos tourné que je me retrouve prise à mon propore piège : étonnée de là où je vais quand ce n'est pas plannnfié. Fin de la parenthèse. Je ne l'avais pas ouverte ? Mais si, mais si.

Bref, la "fermeture Eclair de la vie" c'est ce petit truc qui fait qu'on ne décroche pas de la vie, qu'on avance chaque jour, poussé par la curiosité, vers un demain confiant, prometteur. Avoir des passions, la curiosité de la découverte, l'espoir dans l'inconnu, bref, la gourmandise de la vie. Un peu comme ce qui m'a manqué. La "fermeture Eclair de la vie", certains l'ont et restent bien accrochés toute leur vie, d'autres ont leurs deux bandes de tissu serties de dents métalliques endommagées et décrochent un jour ou l'autre (ou sont tentés de décrocher régulièrement).

Sans transition.

Ce matin, au téléphone, un client "y a bien du bruit chez toi ?!". Serrer les dents. Sourire. Se déplacer dans son appartement pour épargner au client ce "bruit" de mes filles qui jouent dans leur chambre.

Travailler de chez soi et garder ses enfants pendant les vacances. Un casse-tête.

Un casse-tête dont la fatigue nerveuse m'a fait penser un moment demander de l'aide à ma belle-mère pour les prochaines vacances. Par texto, ma demande ".... seriez-vous à Paris la 1ère semaine des vacances de Noël car nous souhaiterions éviter aux filles le centre de loisirs et si vous pouvez aller les chercher à un atelier vers midi et déjeuner avec elles ça me laisse 4h environ pour travailler" ? Réponse : "bla-bla, je ne sais je ne connais pas la date des vacances de Noël, bla-bla".

...

Je lui fais manger son calendrier des Postes ou je lui poste un calendrier ?

Bref, prenez soin de votre "fermeture Eclair de la vie", la route est longue.