anni elisa ter{Enfn !
Enfin j'entends à la radio, à la télé, dans les journaux, à côté de moi, des paroles intelligentes.
Enfin, la pensée s'éveille, les consciences sont éclairées.
Enfin, nous avons un Président à sa place.
Puissent les ondes de cet electrochoc changer profondément et durablement le laisser aller de ces dernières années.}

Ce we, j'ai soigné ma petite, malade depuis mercredi.
Ce we j'ai gonflé, accroché, décoré pour te faire plaisir, à toi, ma grande de 6 ans.
Ce we, j'ai reçu. Les beaux-parents, les parents, l'esprit de fête.
Malgré la légère tension qui m'empêchait d'être à tout ce que je faisais.
Ce we, j'ai marché.
Main dans la main avec Arthur Miller.
C'était déraisonnable de le faire à deux.
Pourtant, dès mercredi soir, ma décision était prise.
Pourtant, samedi, nous évoquions le risque que nous faisions courir à notre famille en y allant tous les deux.
Pourtant, je ne nous voyais pas ailleurs dimanche qu'en train de marcher.
Ce we, j'ai eu peur.

Dimanche, au moment du café, j'ai juste glissé à mes parents le nom de la personne à qui je souhaitais confier mes filles si un taré se faisait exploser au milieu de la foule.
Puis j'ai couché ma petite, en lui souhaitant une bonne sieste.
Puis j'ai embrassé ma Star du we, si grande du haut de ses 6 ans "5 ans et 364 jours".
Ces baisers étaient étranges.

Puis j'ai marché.

Parce que si je n'y allais pas, ils gagnaient.
Parce qu'entre laisser un monde libre à mes filles orphelines et leur laisser un monde totalitaire avec leurs parents, j'ai choisi.