En 2012 le temps avait filé et je n'avais pas su le stopper pour aller voir l'expo de photos qui lui était consacrée à la Galerie de L'Instant.

2015 est autre. Alors j'y suis allée. Pas de photos auxquelles je suis profondément attachée mais plusieurs clichés qui me racontent chacun leur petite histoire. J'aime les contempler, observer, tenter de comprendre leur magie, le chemin que prend cette fascination sur moi.

Je demande le prix d'un portrait d'Arthur Miller et de Marilyn. Mille deux cents euros. C'est beaucoup et c'est rien. La dame de la galerie doit partir. Je lui vole quelques secondes pour lui demander un 2nd prix. Un autre cliché des amoureux. Trois cents. Trois cents euros ?! Je suis sur le point de lui dire "stop ok j'achète illico presto sur-le-champ là maintenant tout de suite". Et puis mon côté cartésien reprend le dessus : quelles différences expliquent ces deux prix ? Mais elle est pressée et même si elle confie les clés de sa galerie à un jeune homme, certes charmant, c'est avec elle que j'aurais aimé discuter. Or, je sens bien que le temps qui m'était imparti est cloturé. Dommage.

Le temps m'a volé mon instant de plaisir à la Galerie de l'Instant.

Samedi elle expose 5 "énormes" autres clichés de la Black Session. Aux prix pas si "énormes" que ça parait-il.

Samedi, donc, si personne ne me vole mon temps, je m'en retournerai à la Galerie de L'Instant et peut-être que mes questions trouveront des réponses et que ces réponses-là m'autoriseront un coup de folie.

Samedi, je serai sage ou pas.

Mais une chose est sûre : un jour je mourrai. Alors vivre maintenant.
Après ? Ben après, Le Chat, y aura plus personne à ta place.

Autre certitude : cette photo, là, au milieu du flyer de l'expo, oui, celle du centre, avec cette Marilyn totalement méconnaissable, en robe noire, étrangement sobre, reposant sa tête dans sa main, de profil, n'offrant ni son regard standardisé ni ses lèvres entre-ouvertes à Bert Stern, oui cette photo-là, d'une Marilyn toute en retenue, mais qui irradie de son magnétisme envoûtant, oui celle-ci, me trotte dans la tête.

Il faudrait que je joue au loto.

edit 07/02 à 21h39 : sage :(