vendredi 21 août 2009
Partir*

Mon corps a tourné la page. La page de 5 ans d'attente, 2 ans de traitements, 9 mois de grossesse, 7 mois d'allaitement. Oui je sais je radote.
Mon corps vit sa vie. A son rythme. Il se remet de tout ça. Des piqures. Des angoisses aussi. Des peurs. Du choc de l'accouchement. Des nuits sans sommeil aussi. De la fatigue. Mon corps m'a dit qu'il était prêt pour une nouvelle aventure. Lui.
Mon corps a hier tourné une page. La page de cette aventure qui m'a faite maman.
Mon corps me dit qu'il est fort. Qu'il a enduré tout ça mais qu'il est capable de s'en remettre. De reprendre le fil de l'histoire. Malgré les 18 kilos pris pendant la grossesse, malgré les doses de cheval d'hormonnes qu'il a fallu pour atteindre ce but : être ta maman. Oui je sais je radote encore. Encore et toujours. Mais je crois que contrairement à mon corps j'ai du mal à tourner la page. A réaliser que ça y est. Qu'après toutes ces années, tu es là, je suis ta maman.
Tu es là. La plus belle. La plus douce. Et pour toujours je suis celle que tu appelleras "maman". Je n'en reviens pas.
Je crois que ces quelques jours de vacances qui se profilent vont me faire un bien fou.
Quelques jours de vacances avec ma fille, mon homme, mon mari, celui que j'ai bousculé quand à mon tour j'étais trop chamboulée, celui qui a su traverser avec moi ces années, en restant à mes côtés, même quand ça tanguait au-delà de ce que nous avions cru pouvoir encaisser.
Quelques jours de vacances. De soleil. De mer. De rires. De découvertes. De repos aussi peut-être. Quelques jours pour prendre la mesure de mon bonheur.
PS : et pour vous aussi des vacances, car cette fois-ci je n'ai rien préparé je vous laisse tranquille en mon absence. Prenez soin de vous. Et de ceux que vous aimez. Et aimerez.
* Titre nul. Je sais.
mardi 11 août 2009
La dent de la mer

(Alors que certains réussissent leur sortie, ben moi j'ai loupé mon retour.
Sorry sorry je me suis plantée dans la date. Mais ça y est : i'm back)
Vous avez vu un peu ce titre dont je suis mega fière ?
Dix jours que j'y pense. Dix jours que je réfléchis au billet que je pourrais vous concocter. Dix jours que j'espère qu'elle sorte cette #"*!z!§#° dent de la mer. Dix jours pourtant qu'on parle d'elle (ou plutôt qu'on entend parler d'elle). La nuit quand Elisa se réveille et pleure. Au gouter quand Elisa ne boit qu'un tiers de son biberon. A 5h du matin quand Elisa décide que la nuit est finie.
Elisa a quitté la mer et de dent que nenni.
En revanche je peux vous dire que j'ai réussi à finir mes vacances sans avoir une dent contre ma belle-mère. Yeeesssss.
Il y a aussi un autre sujet qui occupe mon esprit. Et pour être sincère tout mon esprit. La dernière gorgée de lait (copyright ici dans ce texte qui me bouleverse à chaque fois que je le lis). Je voulais continuer l'allaitement le matin et le soir. Mais sans vraiment m'en rendre compte menteuse j'ai introduit le loup dans la bergerie en donnant à Elisa un complément de lait au réveil et au coucher. Pour être sûre que je qu'elle dorme bien. Qu'elle ne manque pas de lait.
Depuis quelques jours Elisa joue plus qu'elle ne tète. Elisa veut grandir. Elisa attend donc que sa mère veuille bien tourner la page. Et sa mère se regarde tarder à tourner cette page.
Ce matin en défaisant mon sac et après une tétée quasi-inexistante pendant laquelle j'ai dit à Elisa que ce serait peut-être notre dernière, je me suis sentie étrangement inutile. Inutile parce que dorénavant tout ce que je vais faire avec Elisa n'importe qui d'autre pourrait le faire. Inutile et vide. Oui je sais c'est un peu con de se sentir vide 7 mois après l'accouchement.
Ma fille, dans cette aventure dans laquelle tu m'as entraînée, c'est toi qui m'as tout appris. Merci. Je suis incapable d'en dire plus. L'intimité reste indicible.
Et à part ça, vous ça va ?
![]()
jeudi 16 juillet 2009
Mais t'es qui, toi ?!

Au moins une fois par jour ma Fille me fout la honte.
Dans le bus, au café, chez les commerçants,
où que j'aille avec elle, je connais toujours
un grand moment de solitude.
Plus les gens s'escriment à lui faire des sourires,
moins elle leur sourit,
les fixant longuement pour les détailler.
Et je me vois souvent contrainte de préciser, fière de son caractère affirmé confuse :
"c'est une grande observatrice...".
Ma Fille, elle observe même l'air qu'elle respire.
PS : Sinon à part ça on peut pas dire que la diversification alimentaire soit une totale réussite. Gastro ou truc qui la dérange méchamment depuis 2 jours. Du coup, ni la purée préparée avec amour par Arthur Miller, ni celle surgelée réchauffée avec autant d'amour par mes soins n'ont connu un véritable succès. Arthur Miller, si elle tient de toi pour les légumes, on est mal barrés. Va falloir passer aux frites rapidement.
jeudi 2 juillet 2009
Pause.

Voilà. Nous sommes en juillet. Le 2. Il est 14h16.
Elisa a fini par accepter le bib.
Elisa a fait sa deuxième nuit complète cette nuit.
Elisa a une place en crèche.
Elisa nous sourit. Elisa existe.
Là, Elisa fait sa sieste dans sa chambre. Jambes nues.
Bras écartés au dessus de la tête. Apaisée.
Je me suis ré-inscrite à mon atelier d'écriture pour la Rentrée.
Je peux enfin recommencer la gym.
Ce soir je vais chez le coiffeur.
Ce week-end nous allons à un mariage.
Périple en voiture qui m'inquiète un peu mais
je suis heureuse à l'idée d'aller faire la fête.
Ce matin j'ai eu ma soeur au téléphone.
Ses pleurs inattendus et silencieux
nous ont aidé à crever l'abcès.
Oh bien sûr tout n'est pas rose entre elle et moi
mais l'espoir que le noir cède la place
à une couleur plus gaie renait.
Voilà. Nous sommes en juillet. Le 2. Il est 14h16.
Et pour la première fois en 15 mois et 21 jours,
je souffle.
Ici, c'est calme plat et ça fait un bien fo o o o o o o ou.
jeudi 28 mai 2009
Le billet pour ne rien dire

Ma fille a passé son 1er Festival de Cannes en... Bretagne.
Pour la montée des marches c'est pas gagné
mais pour les lunettes noires elle s'entraine déjà.
Notez qu'elle n'a pas de chauffeur officiel mais a déjà un porteur personnel.
Et je lui ai mis la tétine au cas où elle souhaite s'entraîner
pour les discours débiles de remerciement.
Quant à moi, ben pour la 1ère fois depuis bien longtemps,
je n'ai pas vu une seule image de Cannes à la TV.
Mais je sais quand même que c'est fini
et même que Roland-Garros a commencé.
A part ça, mon coup de calgon est passé (jusqu'à la prochaine fois).
Car j'ai dormi deux fois 4h la nuit dernière. Yeeeeessssss.
Car la pépette est allée chez le pédiatre
et ses pleurs s'expliquent,
non parce que mon lait a tourné
(comme je m'étais mise à le penser à force de la voir pleurer pendant la tétée),
mais parce qu'elle souffre d'une oesophagite.
Oesophagite traitée dès ce soir.
Car Arthur Miller rentre demain matin d'une absence de 3 jours.
Et là, il est l'heure pour moi d'aller au lit
sous peine de me faire taper sur les doigts par Opio
(oui 23h c'est définitivement trop tard pour se coucher tu as raison).
SO ? Bonne nuit.
PS : ça c'est du billet intelligent.
Vous reviendrez quand même ? J'aurais aussi pu vous parler de ma mère mais je vais éviter de m'énerver juste avant d'aller au lit.
jeudi 7 mai 2009
Melting pot

Hé hé hé, photos d'identité torchées en 10 secondes. Je n'en reviens toujours pas.
Le photographe non plus d'ailleurs.
Dans mon entourage, il y a :
1# Un ami sans enfant qui revient de NY et qui rapporte pour Elisa un tee-shirt I LOVE NY avec une étiquette "6-8" et qui me dit "j'espère que ça lui ira 6-8 mois". Sauf que c'est 6-8 ans en réalité.
2# Un père qui n'a pas vu sa petite-fille depuis la maternité. Ni sa fille d'ailleurs. Moi. Et pourtant nous habitons la même ville.
3# Une petite fille qui hurle dans son berceau à l'heure de la sieste et qui, une fois posée dans sa poussette pour aller faire un tour car sa maman n'en peut plus, plonge ses grands yeux bleus ronds comme des billes dans ceux de sa mère -qui eux sont petits et à moitié fermés par la fatigue- et ouvre grand la bouche pour une magnifique démonstration de baillement.
La photo trafiquée, Malabarette, c'est pour me venger précisément de ça.
4# Un gars qui va se marier cet été et qui, pour remercier une amie qui accepte d'être son témoin, lui roule un magnifique patin.
5# Des ami(e)s -célibataires- que j'ai tenus à l'écart depuis la naissance de Malabarette (parce que j'avais peur qu'ils ne comprennent pas mon stress, ma fatigue, ma disponibilité totale à Elisa) et qui commencent à me manquer sérieusement.
6# Un monsieur Sauvage aussi bienveillant virtuellement que dans la vraie vie.
7# Ma soeur qui envoie une photo de ses jumeaux en train de dormir histoire de montrer "quelle bonne mère elle est, quels bébés sages elle a, quelle belle vie elle mène". Mon ton aigri provient certainement du fait que cette photo est arrivée juste quand Malabarette hurlait dans son berceau -cf point 3.
8# Deux commerçantes de mon quartier qui m'ont fait le plus beau des compliments en s'exclamant "Oh ! c'est un vrai mélange de son papa et de sa maman. Elle a votre regard". Après, j'étais fière comme Artaban en promenant ma fille.
En réalité, à part les oreilles dont je vous ai déjà parlées, Elisa n'a rien de moi.
Mon entourage est fait du meilleur comme du pire.
Désolée je n'ai pas de chute pour ce billet.
Ah si finalement j'en ai peut-être une : moi aussi, je suis capable du meilleur comme du pire.
PS : Pardon Ma Fille pour la photo trafiquée, mais ton air si sérieux... Je n'ai pas pu m'empêcher. Pardon.![]()
jeudi 23 avril 2009
Une douce journée

Voilà la journée tire à sa fin.
Une amie à déjeuner.
Une amie virtuelle qui me propose un dej.
Le bain s'est bien passé (celui d'Elisa s'entend),
sans pleurs, ni avant, ni pendant, ni après.
On progresse.
Il a fait beau.
J'ai sorti mes petites claquettes d'été
qui dans l'escalier font un bruit pas possible.
Promenade en carosse rose pour Malabarette
qui malgré mes grosses lunettes noires m'a fait des sourires.
Une douce journée en somme.
Et vous, c'était comment ?
PS : ma fille, tu vas être déçue : je ne joue jamais au loto.
EDIT du lendemain : Le bonheur est bien furtif. Après une douce journée, une soirée et une nuit rapeuses.
Un couple de notre entourage se sépare avec un bambin de 2 ans. Puis, mon père, toujours dans la lignée de ses mails à caractère purement informatif, m'a envoyé celui-ci "Paul, frère et voisin de Jean Christophe, mari de ta cousine, s'est tiré en début de semaine une balle dans le cour (j'en ai déduit que c'était coeur). Miraculeusement il a eu la force d'appeler son frère sur son portable et a pu être secouru très vite. Apres une très complexe opération il est vivant mais dans un état toujours critique.Personne ne s'attendait dans son entourage proche à un tel geste.".
Après la lecture de ce mail, j'ai eu du mal à trouver le sommeil. J'étais au lycée avec ce Paul.
Sacrée soirée.
Puis Elisa m'a réveillé 3 fois au lieu de 2.
Sacrée nuit.
On peut jamais être tranquille.
jeudi 2 avril 2009
Prière

Moi à ta place Ma Fille j'aurais fait le contraire.
Je dis ça je dis rien, hein.
En revanche, grâce à Moa, y a des chances que tu aies
à la fois le QI de ta mère et celui de ton père.
Quant à moi, qui ai le QI d'une maman fatiguée,
je m'en vais d'un pas allégé de toute sa culpabilité
finir la tablette de chocolat.
{Amen}
PS : un autre truc que tu as chopé de ton père et que tu aurais mieux fait de m'emprunter, c'est ton sommeil. Sans déconner ma fille, je te le dis avec humour mais non moins de sérieux, si tu n'y mets pas un peu du tien, je sens que je vais craquer.
EDIT 3 avril : Pouf pouf pouf... je suis tombée dans le panneau... c'est en lisant le comm d'Athur Miller que j'ai compris que c'était un poisson d'avril. Tout compte fait ma Fille mieux vaut que tu aies le QI de ton père.![]()
mercredi 25 mars 2009
Pêle-mêle

- Voilà, aujourd'hui, si je n'avais pas été licenciée, aurait été le 1er jour de mon congé parental.
Mais comme la vie ne se construit pas sur des "si", je me suis ré-inscrite au chômage.
- Il y a quand même quelques petites choses qu'on ne dit pas sur l'allaitement. Par exemple, qu'un jour ce ne serait plus ma fille qui allait me réveiller la nuit mais mes seins. Oui mes seins. Lourds, douloureux. Qui n'auront pas été prévenus la veille que leur libératrice déciderait de pioncer 8 heures de suite.
Du coup, alors que j'aurais pu dormir jusqu'à 5h du matin, ben à 3h j'étais totalement alerte.
- J'ai deux tags en retard. Mlle Figolu (et Natacha), Marie L'Ange je ne vous oublie pas. C'est juste que je n'y arrive pas.
- Mail de mon père ce matin m'annonçant que mon oncle -relativement jeune- était gravement malade et que l'on suspectait une tumeur au cerveau. Je me suis demandée si pour m'annoncer son décés il le ferait aussi par mail.
Et ai compris pourquoi avec un père aussi peu doué pour la communication et les sentiments j'avais des problèmes relationnels.
- Depuis que je manque de sommeil et que je ne peux plus avoir mes 9 heures de sommeil, Arthur Miller découvre une nouvelle facette de moi. La pire.
- Ce matin grosse grosse crise de larmes en mettant Elisa dans son écharpe. Tellement grosse que j'ai été obligée de l'enlever pensant que je l'avais mal mise et que ça lui faisait mal. Et comme elle ne se calmait pas, je lui ai donné à manger (alors qu'elle avait mangé même pas 2 heures auparavant). Son casse-croute a duré goulûment... plus d'une demi-heure.
Conclusion : ma fille est intelligente ! Elle s'est dit "si je me laisse embarquer dans son écharpe j'en ai au moins pour 1h30 sans manger alors j'ai intérêt à me faire comprendre".
- Ma fille je t'aime surtout quand tu dors.![]()
samedi 28 février 2009
Planning de la semaine

Une semaine chargée qui s'annonce.
Lundi : Déjeuner chez mes beaux-parents sans Arthur Miller. C'est la première fois sans Arthur Miller. C'est pour qu'ils voient leur petite-fille avant leur départ en Bretagne pour 15 jours. Ils sont tellement adorables depuis qu'elle est née. Et même avant qu'elle naisse. Un juste équilibre avec mes parents.
+ Pleurs d'Elisa.
Mardi : Séance chez l'ostéo pour moi.
+ Pleurs d'Elisa.
Mercredi : Enfin retour à mon atelier d'écriture dont j'ai manqué les 3 derniers cours. Avec Elisa en écharpe. C'est la seule solution que j'ai trouvée pour pouvoir reprendre possession d'une bribe de ma vie d'avant.
+ Jugement de mon procès aux Prud'hommes. Bien sûr cela ne me rendra pas mon boulot mais au moins peut-être que justice me sera rendue.
+ Pleurs d'Elisa.
Jeudi : RAS
+ Pleurs d'Elisa.
Vendredi : Je me prépare psychologiquement pour la journée de demain.
+ Pleurs d'Elisa.
Samedi : Déjeuner avec ma soeur et ma filleule qui viennent d'Aix-en-Provence pour faire connaissance avec leur nièce/cousine. C'est super. Sauf que. Sauf que ma soeur est mère-de-trois-enfants-qui-n'ont-jamais-pleuré-et-qui-sont-parfaits et que moi je suis la maman d'une petite fille qui pleure dès qu'on la change de place...
+ Après-midi au zoo -pour faire plaisir à ma filleule- en compagnie de mes parents. Je crois que je vais aller me réfugier dans la cage aux lions. Je suis sûre que je risquerai moins.
+ Pleurs d'Elisa.
Dimanche : Je me fais une toile avec Arthur Miller. Quoi ? On n'est pas encore en avril ? Ah ben je vais attendre encore un peu pour le poisson d'avril.
+ Pleurs d'Elisa.
![]()

















