mercredi 28 octobre 2009
Monologue intérieur

"Et si 18h c'était trop tard pour aller la chercher ?
Demain, préparer le rendez-vous avec l'avocate. Rester diplomate. Réfléchir aux mots pour lui faire part de mes interrogations et étonnements sur son projet de conclusions. Ne pas lâcher. Même si la tentation est grande maintenant que ma vie est ailleurs et que la société est en liquidation judiciaire.
Je lui ai dit ? Je ne sais plus. Mais est-ce que je lui ai dit d'utiliser le liniment oléocalcaire à chaque change ? J'ai mis 5 jours à réparer ses fesses, c'est pas pour les récupérer à nouveau rouges sang après une seule journée en crèche.
Est-ce que j'ai bien fait de leur poster la même lettre à tous les trois ? De toute façon dans cette famille quoi qu'on fasse y en a toujours un pour trouver à redire.
Et lui, qu'est ce qu'il a à me regarder depuis que la rame a quitté la station ? Peut-être qu'il me trouve simplement jolie remarque... Ça fait combien de temps que je n'ai pas pris le temps d'observer un regard d'homme sur moi ? Et si j'appelais Lucia pour un shiatsu ? Ça fait combien de temps que j'ai laissé tomber mon corps ? Février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, 9 mois... Misère de misère... 9 mois ?! Oh mon Dieu 9 mois aujourd'hui et je n'ai même pas pensé à lui souhaiter ce matin. Tiens, il est descendu... Palais-Royal ?!! Oh non... j'ai encore loupé ma station !"
Texte écrit le 12 octobre 2009 lors de mon atelier d'écriture dont la consigne était : 20 minutes pour écrire un monologue intérieur.
Photos prises la même semaine lorsqu'un rayon de soleil a inondé mon salon pour faire magnifiquement rayonner ce bouquet que l'on m'avait offert lors d'une "sushi-party".
Le lien entre les deux ? Aucun. Mais faut-il toujours un lien entre mots et images ? Un sens à chaque chose ? Depuis quelques jours je ne crois pas. ça vous arrive vous aussi de vous sentir complètement dépassé ?
Edit quelques minutes après : après relecture de ce message pour corriger les fautes, il me semble important de vous préciser que je ne vous en voudrai nullement de ne pas commenter ce billet quelque peu confus. Vous cassez pas la tête, hein.
En revanche, si la consigne vous tente, faîtes-vous plaisir.
vendredi 31 octobre 2008
Mélodie pour Mélie

Il pleut et c'est bien connu
les chats ont horreur d'être mouillés.
La machine à laver tourne avec les pyjamas de Malabarette
(j'ai eu beaucoup de mal à comprendre ce concept qui exige que des vêtements de bébé soient lavés avant d'être portés, mais bon, après enquête auprès des copines,
je me suis laissée avoir).
Le frigo est plein.
Je dois appeler la crèche et la halte-garderie mais ça me saoule.
Et puis pour l'instant, crèche et halte garderie sont réunis en une seule personne : Bibi.
La radio ronronne doucement.
Mon dossier pour mon procès aux Prud'hommes est bouclé.
Y a plus qu'à attendre l'audience.
Je peux donc me "pauser" et m'évader en toute quiétude.
Rien de tel qu'un bon livre.
Et de retrouver un univers poétique qui m'enchante.
"Après le déjeuner, c'est Mélie qui décide du programme.
Hier, par exemple, elles ont passé plusieurs heures à regarder pousser les bambous. Mélie dit que s'ils grandissent de 15 à 20 centimètres par jour, on peut les voir pousser. Elles se sont installées dans des fauteuils, avec de quoi manger, boire, et écouter de la musique. Elles ont écouté La Traviata en entier. Mélie adore la Callas. Pour regarder pousser les bambous, c'est pas mal, l'opéra... Il y a juste que, des fois, pour mieux écouter, on ferme les yeux. Et là, c'est possible que ce soit pile le moment où il se passe des choses...".
A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine. Page 47
Moi, cette littérature-là elle me donne envie d'écouter La Traviata et de fermer les yeux pour partir à la rencontre de tous ses personnages si charismatiques : les jeunes, les moins jeunes, les malades, les faux malades, les amoureux qui s'ignorent, les amoureux de la vie, le chat Léon(e)... et tant pis si je loupe quelque chose de la vraie vie.![]()
mercredi 30 juillet 2008
Note... comment dire...

Je sens que je vais ramer pour accoler des mots à cette image. Oui mais voilà mon petit trucage/montage (oui je sais force est de constater que je ne suis pas illustratrice) me fait rire. Quand j'ai vu ce piou-piou décoiffé trainer sur flickr et la photo que je venais de prendre de ma boule d'ail hirsute, je me suis dit que ces deux-là étaient fait pour se rencontrer. Vous ne trouvez pas ?
Oui je suis enceinte. Mes neurones diminuent mais il parait que c'est pour la bonne cause.
Lu ce matin ces mots de Christiane Singer dans Derniers fragments d'un long voyage :
"Il faut être clair. Lorsqu'on analyse tout scientifiquement, on a des résultats scientifiques. La science engendre de la science (...) Système clos que rien ne menace. On a des résultats mais pas des fruits pour autant. Pour le fruit, il faut que le un ait éclaté - il faut le deux. A l'horizon du savoir doit se joindre la verticale d'un inconnu. C'est seulement lorsque l'horizon scientifique de lucidité et de recherche rejoint la verticale du secret que le fruit peut naître (...) Il faudra pour cela être en mesure de supporter longtemps, très longtemps la pression du non-savoir. En lâchant sur nous les hyènes de l'urgence, la modernité rend l'accès vertical impraticable."
Je crois que je ferais mieux de relire Oui-Oui. N'empêche. Pour quelqu'un qui est presqu'à deux doigts de refuser une amniocentèse, je constate que mes lectures me fournissent un éclairage bien lumineux...
Lu à la veille de mon mariage - alors que je me demandais pourquoi tenter le diable puisqu'un couple parisien sur deux divorce - ces quelques phrases du même auteur dans Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies :
« Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c’est qu’il réunit un homme et une femme autour d’un projet, d’un projet fou, souvent voué à l’infortune. D’un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l’impossible, de rester une vie entière à la mesure de ce qu’on peut. »
J'aime Christiane Singer.
Infiniment.
vendredi 23 mai 2008
La Blonde vue par la Brune

L'auteur prévient dès la première page :
« Blonde est une « vie » radicalement distillée
sous forme de fiction et, en dépit de sa longueur,
la synecdoque en est le principe ».
Les faits sont sélectionnés, certains sont tus, d'autres purement inventés, ou romancés. Joyce Carol Oates, l'auteur -la brune donc-, tout comme son héroïne -Marilyn Monroe, la blonde, vous l'avez compris-, trame son oeuvre en mélangeant la réalité au jeu, laissant le lecteur se fier à l'intuition de sa petite voix pour dégager le vrai du faux. Ce n'est pas une fiction. Ce n'est pas une autobiographie. C'est un chef d'oeuvre.
Sauf qu'avec Marilyn Monroe, le faux devient vrai et le vrai se retire pour laisser la place d'honneur au préfabriqué.
Et pourtant tout est là, parfaitement écrit, imaginé, fantasmé, plus vrai que nature.
A sa façon crue et cruelle, JCO dissèque la vie de Marilyn Monroe mais surtout Marilyn Monroe elle-même. Elle nous fait plonger au coeur de ses émotions, de sa peur viscérale d'être abandonnée, de sa volonté de toujours bien, mieux, plus faire (cours à l'Actors Studio, scènes sans cese rejouées), de son intelligence poétique (écrits autobioraphiques), de sa sensibilité sans limite (générosité, fidélité à sa mère internée) et pour finir de sa folie douce à bien des égards détestable (nymphomanie, exhibitionnisme, toxicomanie, avortements et tentatives de suicide à répétition) et pourtant si bouleversante.
La lecture de ce pavé est éprouvante, en particulier pour qui aime Marilyn Monroe et, en général, pour tous ceux qui s'y attaquent ! Parce que la trajectoire de vie qui prend forme sous nos yeux, grâce au choix des mots et effets stylistiques de JCO, est bouleversante de souffrance et parce qu'avec plus de 1000 pages entre les mains, on se surprend à penser avec effroi que Blonde serait le dernier livre que nous pourrions lire en 2007 2008.
D'abord, on y découvre une idendité volée (père absent, mère fragile psychologiquement) qui constituera l'éternel vice de forme de Norma Jeane, un handicap à vie offrant toute sa vacuité à l'icône Marilyn Monroe inventée, construite, façonnée par des hommes pour des générations de rêveurs avides de sex-symbol, obligeant ainsi une femme à porter un habit de lumière trop lourd mais sans lequel elle n'est rien.
Puis on comprend l'engrenage des rencontres qui abuseront d'elle. Forcément, quand on est "Rien" à ses propres yeux, le choix de ses relations conduit à l'autodestruction. Et la machine infernale du cercle vicieux est lancée, parfaitement huilée pour mal se finir. Et ça se finit mal. Quelle autre issue possible quand on incarne le fantasme parfait qui n'est que pure illusion ?
*******
Jusqu'à présent, un seul livre m'avait marquée
au-delà de sa lecture : Voyage au bout de la nuit.
Aujourd'hui Blonde constitue le deuxième.
Et vous, quels sont les livres
qui vous ont marqué(e)s au fer rouge ?
PS : oui je sais, ce billet est chiant trop long, beaucoup trop long (si si vous pouvez le penser et même le dire) mais ça fait 6 mois qu'il traîne "en brouillon" et je suis trop contente d'avoir ENFIN réussi à le finir. Du coup, je le mets en ligne. Je suis dans ma période rangement. Pardonnez-moi.![]()
lundi 19 mai 2008
La Consolante

"Le ventre d'une femme, c'est ce qu'il y a de plus mystérieux au monde, de plus émouvant, de plus beau, de plus sexe même pour parler comme dans vos magazines débiles, radotait-il sous le regard condescendant de Laurence, et... Non... Cache-le. Ne les laisse pas te voler ça... Je ne suis pas en train de jouer les pères la morale ou de te parler de décence, Mathilde... Je te parle d'amour. Des tas de types vont essayer de deviner la taille de ton cul ou la forme de tes seins et ce sera de bonne guerre, mais ton ventre garde-le pour celui que tu aimeras, tu... Tu me comprends ?"
La Consolante, Anna Gavalda, Editions Le Dilettante, p. 91
Il semblerait qu'il soit consensuel de trouver le dernier Gavalda trop long, radotant, décevant... Bon ok il y a quelques longueurs et la fin du roman, à mon sens, semble ne pas avoir été assez travaillé (à moins que -effet de style ? - la forme épouse le fond et cherche à mettre en lumière l'état décousu dans lequel se trouve son protagoniste, Charles ?)... mais peu importe, peu m'importe ! Je me suis laissée emporter par ses personnages déglingués dont elle a le secret, perdus, attachants, touchants... par ces vies si extraordinaires, amochées par la vie, que j'en ai presque sorti mon petit carnet à secrets pour y noter quelques recettes de bonheur... Et j'y aurais écrit : Chérir, Savoir rester fidèle à ceux que l'on aime, Observer, Apprendre et Aimer, oui par dessus tout, Aimer.
PS : Nouvelle bague gnan-gnan achetée ce we à la boutique FLEUX, 39 rue Sainte Croix de la Bretonnerie à Paris... je n'y résiste pas.![]()
mardi 8 avril 2008
Millenium nie les hommes (et leur sommeil)

Si, comme moi, tous les matins, après avoir fait sauter
la cervelle à votre réveil, vous vous jurez de vous coucher tôt
afin de pouvoir enfin rattraper vos heures de sommeil en retard,
surtout, n'ouvrez jamais un seul tome de Millénium !
Je vous fais un renvoi là où tout est très bien expliqué,ça m'évitera d'être le nième blog à parler .
de Stieg Larsson et de sa trilogie
Bon, ben c'est pas tout ça mais moi
je vous laisse, je vais dormir lire.
PS : Billet inspiré par un dessin qui m'a fait mourir de rire ici.
PS2 : je me plains, je me plains mais en fait je suis ravie de ressentir les mêmes frissons que ceux éprouvés à la lecture du Poète (M. Connelly) ou des premières aventures du Docteur Kay Scarpetta (P. Cornwell). Arf que c'est bon un bon Policier, avec des personnages attachants, une intrigue qu'on arrive à suivre et un suspens finement entretenu ! Meurtres à Séville (R. Wilson) appartient aussi aux Policiers qui m'ont marquée, mais d'une façon beaucoup moins anodine que les autres : son atmosphère, froide et chaude à la fois, me colle encore à la peau et son évocation me laisse toujours un sentiment de malaise...
jeudi 20 mars 2008
Crimes exemplaires

Vendredi dernier : Atelier d'écriture avec Michel Manière.
Thème : Ecrire une nouvelle à la manière
de Max Aub (Crimes Exemplaires)
Ton ? Faussement repentant
Style ? Humour noir
Chute ? Un meurtre (suggéré ou avoué)
Qui tue ? "Je"
Avec quoi ? Rouleau à pâtisserie ou bolduck (ou les deux)
***********
Ce n'est un secret pour personne. Cuisiner ne m'intéresse pas. Ce n'est pas que je ne sais pas faire, c'est juste que cela ne me plait pas.
Alors, quand pour mon anniversaire, tu m'as offert ce rouleau à pâtisserie pompeusement emballé dans son papier cadeau outrageusement rouge et bruyant enrubanné dans un bolduck vert fané, j'ai d'abord pensé à une farce.
La soirée est passée, les invités ont commencé à s'éclipser, tu as toi aussi fini par t'en aller, sans autre cadeau que ta présence avinée, et j'ai compris que ça n'avait pas été une farce.
Pour te remercier, je t'ai le lendemain appelé pour t'inviter à déjeuner. Tu as accepté sur le champs, te réjouissant d'un tête-à-tête intime avec moi.
Pour toi, j'ai mis les petits plats dans les grands et sorti l'argenterie.
Tu t'es extasié sur ma tourte aux épinards. Je me suis extasiée sur l'utilité que je ne soupçonnais pas d'un rouleau à pâtisserie. J'ai même proposé de te montrer ma dextérité dans le maniement de l'objet. Tu as ri.
Je me suis levée pour aller le chercher en cuisine et te faire une démonstration. J'en ai profité pour rapporter les bouchées au chocolat que j'avais consciencieusement cuisinées pour toi et décorée de bolduck. Pour faire joli.
Je me suis approchée de toi pour te servir.
Puis je me suis rassise pour savourer ma bouchée et te regarder devenir tout rouge. Outrageusement rouge et bruyant enrubanné de bolduck vert fané bien serré autour du cou.
Le rouleau à pâtisserie à porter de main.
Au cas où j'aurais besoin de mettre la main à la pâte une dernière fois.
**********
ça vous tente ?
Vous verrez, au début on hésite,
puis une fois lancé, on se régale à écrire
ces textes courts faussement innocents.
Source photo des mains (bidouillée par mes soins) ici.![]()
vendredi 7 mars 2008
Couds-leurs en noir&blanc* !

* Pas d'inquiétude, je ne vais pas vous parler de couture.
C'est juste pour faire mon intéressante avec un jeu de mots foireux.
Et je ne vais pas non plus vous parler de jardinage.
C'est juste pour vous montrer en photo ma nouvelle main plante verte.
*********
Mon précédent atelier d'écriture, placé sous le thème
des COULEURS, m'a demandé quelques efforts.
Car Michel Manière nous a invité à décrire l'impossible.
Vous ne me croyez pas ?
(je suis désolée, mon 2ème texte est assez violent mais comme je n'aime pas le bleu,
j'ai cherché une pirouette pour contourner la contrainte.
Et ce texte a jailli, sans que je comprenne pourquoi)
Expliquer à quelqu'un qui ne voit la vie qu'en N&B à quoi ressemble la vie en couleurs.
- « Tu vois, la vie en noir & blanc, c'est comme avoir l'espoir d'une bonne nouvelle.
La vie en couleurs, elle, est comme avoir la certitude de cette bonne nouvelle.
Rien n'a vraiment changé mais tout est différent. Plus gai et plus vivant. »
Parler du bleu sous forme de « Pour vous, le bleu c'est... ; pour moi, le bleu, c'est... »
Pour toi, le bleu, c'est la cuisson du steak que tu exiges de moi, jour après jour, dans cette cuisine à la lumière crue où je prépare nos déjeuners silencieux qui se résument inlassablement à la même cérémonie frelatée, avant que tu repartes à l'usine.
Pour toi, le bleu, c'est ta limite. Ton absence de fantaisie. Ton manque de goût. Ta lourdeur.
Pour toi finalement le bleu, c'est du rouge.
Pour moi, le bleu, c'est l'air que je respirais, libre et légère, avant toi.
Pour moi le bleu maintenant c'est la couleur de ma peau sous tes coups.
Depuis toi, finalement, mon bleu est aussi devenu rouge.
*********
PS : Je ne peux pas vous laisser sur une note aussi triste. Alors, en couleurs, je vous souhaite un :
•:*''*:•-:¦:-**-:¦:-•:*''*:•. BON WEEK-END •:*''*:•-:¦:-**-:¦:-•:*''*:•.![]()
mercredi 13 février 2008
Une histoire d'amour
Je ne suis pas allée à mon atelier d'écriture il y a 15 jours. Trop faible. Mais j'avais demandé à avoir la consigne, histoire de me changer les idées et d'occuper mon esprit.
Le thème était : l'ellipse. ça m'allait assez bien. Ne pas tout dire. Ecarter le douloureux. Se concentrer sur les détails. Surfer sur le temps qui passe sans s'en soucier.
Alors voici : il faut choisir 4 cartes postales et respecter 4 temps forts. La 1ère est celle de la déclaration amoureuse. La 2ème est la réponse -positive- à cette déclaration d'amour. La 3ème celle de la rupture. La dernière sera l'épilogue, la pièce manquante du puzzle qui permet de comprendre ce qui s'est passé, la morale de l'histoire.
Cher Inconnu,
Ne vous méprenez surtout pas. Il n'est pas dans mon habitude de laisser des cartes postales sur les pare-brises des voitures. Mais depuis quelque temps, vous observer à la cantine ne me suffit plus... J'ai appris que votre passage sur le campus était temporaire. Alors, au lieu de prendre le risque de ne jamais vous connaître, je prends celui de vous choquer en vous donnant rendez-vous samedi prochain à 17h devant le cinéma Le Capitole. J'ai cru déceler dans certains de vos regards, un certain sourire quand nos yeux se rencontraient... mais peut-être qu'emportée par mes sentiments, je perds la raison...Si vous souhaitez en savoir d'avantage sur moi avant d'accepter ma proposition, qui est tout sauf indécente, je vous propose de répondre à toutes vos questions si votre pare brise accepte de jouer le rôle du pigeon voyageur... Je suis rouge de honte de ma démarche. Mais peut-être faut-il en passer par là pour être rouge du plaisir de faire votre connaissance.
A Crazy Girl
Dear Crazy Girl,
Ma voiture me dit qu'un charmante jeune fille est venue mettre une postcard sur sa vitre.
Ma voiture me dit que ce jeune fille a de delicious petits yeux.
Ma voiture aussi me dit de prendre attention aux jeunes filles qui ont ton culot.
Ma voiture me dit d'accepter le rendez-vous sans poser de questions.
A samedi donc.
Mark
Mark,
Je te demande de ne pas m'appeler après avoir lu cette lettre. Je te demande de ne pas insister. J'ai pris la décision de ne pas venir te rejoindre à Londres. Mes parents finalement s'y opposent et ils ont raison. Tu comprends, je ne peux pas prendre le risque de perdre un an d'étude, de galérer à chercher un petit boulot. De quoi vivrons-nous ? Mark, notre histoire reste au fond de mon coeur pour l'éternité.
Ne me déteste pas. Je ne t'oublierai jamais.
Ta Crazy Girl
Mon tendre Mark,
Tes lettres des quatre coins du monde me font toujours le même plaisir. Cela fait bien longtemps que je ne t'ai pas donné de mes nouvelles mais tu me connais assez pour savoir que chez moi le silence n'est pas synonyme d'oubli...
Ces derniers temps ont été bien pénibles pour moi. Mon père s'en est allé et cette fin d'année représente le temps des bilans. Je prends conscience de toutes ces choses que j'aurais voulu lui dire mais que ma pudeur m'a empêché de partager avec lui... et ce constat réveille de douloureuses interrogations.
Charlotte a décidé de poursuivre ses études de peintures à Londres. Je vais me sentir un peu seule en ce début d'année mais je savais bien qu'un beau jour ma fille prendrait son envol et cela ma réjouit.
Je lui ai, le temps qu'elle trouve un logement étudiant, réservé du 4 au 14 janvier, une chambre à l'hotel Chesterfiel, pas loin de chez toi. Il serait peut-être bon que tu t'y rendes. Cette fois-ci ce n'est pas avec une totale inconnue que je te fixe rendez-vous. Tu la reconnaitras facilement. Elle a mes longs cheveux noirs et tes yeux et ton sourire. Son âge a presque celui de notre séparation.
Mark, je t'en prie, ne me déteste pas.
Ta Crazy Girl.
Je vous prie de m'excuser de la longueur de ce post je suis la première à pester contre les billets longs
mais raconter une histoire d'amour,
ça prend du temps...
Si ça vous tente, à vous de jouer !
PS : pour la petite histoire, la carte postale n°1 est du vécu :-)![]()
jeudi 17 janvier 2008
Les mots bullent aussi...

Les mots ont toujours été là dans ma vie.
Refuges sans faille, je sais que vers eux je peux me tourner
pour trouver une réconfortante bulle qui, un temps,
le temps de la guérison du bleu à l'âme,
saura m'isoler de ce qui m'entoure et me blesse.
Hier, j'avais mon atelier d'écriture avec Michel Manière. Au programme : écrire un dialogue avec 12 mots imposés. Attention, l'ordre des 12 mots doit êtres respecté et la situation est à piocher parmi les suivantes : conversation entre deux prostituées, entre un pêcheur et sa sirène, entre deux futurs papas, entre deux amies à un enterrement, entre un maître et son chat, etc.
Top, vous avez 22 minutes !
****
Le Maître : Bistouri, si je t'attrape, tu vas voir de quel bois je me chauffe !
Le Chat : Tu peux toujours courir Vieille Peau, je serai à l'église avant toi...
Le Maître : Bistouri, si le Curé t'attrape avant moi je ne réponds plus de rien. Ni une ni deux, il va te foutre à nouveau son pied au cul. Mais c'est peut-être après ça que tu cours finalement... ta catharsis !
Bistouri ? Bistouri ? Tu m'entends ?...
Le Chat : Hé hé... tu ne m'arrêteras point. Aujourd'hui, c'est vendredi et comme tous les vendredis, c'est poisson chez le Curé. Alors, à moins que la bonne soit en pleine péridurale, si j'arrive avant midi quinze à me faufiler chez ce nain de curé, mon estomac fera un très honorable corbillard pour son Nemo pané.
Le Maître : Bistouri, reviens ici tout de suite ! Bistouri... Bistouri... Allez, rentre, j'ai un secret à partager avec toi !
Le Chat : Ah ça ne marche plus le coup du secret ! Tu cherches encore à m'inventer une histoire abracadabrante pour attirer mon attention et me mettre en retard. Et de toute façon, je le connais déjà ton secret de la semaine. Je le sais bien qu'avec la Georgette, vous vous amusez avec un nouveau godemichet (j'ai eu beaucoup de mal à caser le godemichet... enfin si je peux me permettre cette expression) !
Le Maître : Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Comment oses-tu ?! Laisse Georgette en dehors de ça ! Comment peux-tu lui manquer de respect, à elle qui depuis 10 ans nettoie ta litière ? Sale chat ingrat, va ! Je te souhaite la pire des intoxications avec le poisson du curé. Et tant que tu y es, bois son demi aussi. Ça te tuera peut-être.
Le Chat : Tiens, c'est une bonne idée qu'il a là le gros Marcel : de la levure de bière pour la beauté de mon poil. Vive le vendredi chez le curé et tant pis si le gros Marcel a des problèmes à cause de moi.
******
Commentaire d'Arthur Miller : "C'est rigolo, tu t'en es bien sorti". Ben, vous savez quoi ? ça a suffit à mon bonheur du jour. Faut savoir être simple.
PS : ce billet est aussi un petit clin d'oeil que j'adresse à un chat Sauvage...![]()
Magnifiques photos de Melvin Sokolsky

















