mardi 29 avril 2008
Suspension

Suspendue.
Impossible de pleurer,
impossible de se réjouir.
Je suis entre deux.
A l'image de ce résultat incertain.
Qui nous interdit toute forme d'explosion.
Alors c'est l'implosion intérieure.
Je deviens folle à petit feu.
Puis je me ressaisis
puisque le vie continue.
Edit 2 mai : c'est pas que j'ai la flemme de répondre individuellement à tous vos délicats messages (quoique), mais je m'autorise aujourd'hui à vous adresser un grand merci général pour les traces que vous avez pris le temps de laisser ici, pendant que je vivais de longues journées d'incertitude. Aujourd'hui, là, maintenant, l'incertitude est levée. Je vais prendre un bain pour me détendre (pour celles qui se posent la question, si, je me suis lavée depuis lundi).![]()
mardi 15 avril 2008
Rencontre au sommet

{certains hommes offrent des fleurs, Arthur Miller, lui,
offre des badges roses et son humour nous sauve de tout}
Salle de réveil - Hier vers midi
A droite au fond, une femme qui a accouché vers 10h et dont l'accouchement a du être difficile puisqu'elle est là, à côté de moi, et pas dans une chambre avec son bébé.
A ma droite-droite, ma voisine de chambre, dont la voix de trop grosse fumeuse m'insupporte, qui se réveille elle aussi et monopolise l'infirmière en demandant le nom de tous les produits qui lui sont administrés par perfusion. Elle n'en finit pas de raconter les déboires de sa césarienne il y a quelques années et le souvenir qu'elle garde de sa douleur qui avait été très mal prise en charge, ici, dans ce même hôpital.
Ta gueule, moi j'ai mal en ce moment alors si tu pouvais arrêter de raconter ta vie et libérer l'infirmière pour que je puisse lui demander un cachet, même à effet placebo, ça m'arrangerait.
A ma gauche, "deux IVG", comme les ont appelées les infirmières. Même pas 20 ans à mon avis. Elles émergent difficilement de leur anesthésie. Celle qui est à côté de moi réclame son petit copain. "Ici, en salle de réveil, ce n'est pas possible mais vous allez le retrouver dans votre chambre quand on vous remontera."
Je n'ai même pas une pointe de colère envers elles. Je pense juste que ce doit pas être facile de commencer sa vie amoureuse par un avortement. Je pense que deux vies ont été supprimées ce matin alors qu'en ce qui me concerne si juste une pouvait être créée ça m'arrangerait bien. Je pense aussi que la vie est une vraie machine à laver et que je suis dans le tambour.
Ma tête tourne. Je me rendors. Pendant que certainement, au 1er étage, a lieu une nouvelle rencontre au sommet.
Edit 22h26 : j'ai pas le temps, pas la tête, pas l'énergie de répondre ce soir aux commentaires et pourtant je voudrais car je n'aime pas la tournure qu'ils prennent. Or ici, c'est chez moi, commentaires inclus. Et ce chez moi mérite d'être à mon image : les coups de gueule en diplomatie, les chagrins en demi-teinte avec humour et distance, les désaccords avec respect du monde qui nous entoure et dont nous ne connaissons finalement qu'une seule des facettes... Chacun peut s'exprimer, une fois c'est la bonne dose. Merci.
Edit du lendemain : ayé... énergie + tête + temps = j'ai répondu !
![]()
mercredi 9 avril 2008
On joue au chat percé ?

On dirait que l'infirmier des piqûres prend le ventre.
On dirait que l'infirmière des prises de sang prend le bras droit.
On dirait que l'acupunctrice prend le corps dans sa globalité.
On dirait que, comme Le Chat est joueur, c'est lui qui gagne même si parfois ça lui fait froid dans le dos tous ces trous.
On dirait que Le Chat offre tout son corps à la médecine (servez-vous, depuis 3 semaines c'est open bar).
On dirait que Le Chat est percé de partout mais qu'il garde le sourire.
On dirait que Le Chat est un peu en colère contre son corps qui fonctionne pas bien. Mais on le dirait doucement parce que c'est pas le moment qu'il se mette son corps à dos.
#Je t'aime mon corps pour tout ce que tu endures#
source photo HEAD MAGAZINE mais je ne sais plus lequel.![]()
mercredi 26 mars 2008
Jours blancs

Vous le savez maintenant, quand il y a un sujet dont
je veux ne pas parler je vous sors mon petit jeu "C'est qui ?".
Alors, guess who ?
********
Semaine dernière Cette semaine Semaine prochaine
Métro, boulot {piqûre} dodo OFF Métro, boulot {piqûre*2} dodo
Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre*2} dodo
Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre*2} dodo
Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre*2} dodo
Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre} dodo Métro, boulot {piqûre*2} dodo
Les jours blancs passent
Rien de sensas
Les heures lassent
Les jours blancs passent
L'espoir m'harasse
La mère est basse
Les jours blancs passent
Ma carapace
Bloque le SAS
Les jours blancs passent
Mes larmes cassent
Rien ne dépasse
Les jours blancs passent
Le blues repasse
Et me fracasse.
Les jours blancs passent.
Les nuits aussi.
J'attends la vie.
˙˙˙ɐç ǝɯɯoɔ sǝuıɐɯǝs sǝp ɐ,ʎ
Edit vendredi soir : Oui c'est bien La Corse.
Edit du Edit : Contrairement à ce que disait mon blog-it express, j'ai répondu à vos commentaires. Je peux pas m'en empêcher. Ah là là. Arthur Miller se demande si j'habite toujours avec lui....
Photographe Seb Janiak ![]()
mardi 18 mars 2008
Le Chat, cet étrange alien

Flash-back été 2007
Le Chat reçoit un coup de téléphone d'une ex-collègue. De fil en aiguille, de grandes banalités en petites confidences, Le Chat a l'honneur d'apprendre en avant-première la grossesse à seulement un brelan de semaines de cette ex-collègue. Le Chat puise dans son courage et dans ses réflexes d'animal domestique et civilisé pour se réjouir, pour dire les mots attendus, pour féliciter.
{Se passe le temps nécessaire d'une grossesse}
Dimanche matin 9 mars 2008
Le Chat reçoit un mail d'un inconnu. Le Chat clique. Le Chat voit son écran envahi par une photo gigantesque d'une crevette de quelques heures et quelques mots : " Léopoldine est née. XX kg, XX cm. La maman se porte bien. Bla-bla. Signé : le mari".
Le Chat jette met de côté le mail. Pour répondre plus tard. Quand l'envie sera là. Quand les mots sincères seront à portée des doigts.
Hier soir 23h43
Le Chat ouvre son ordi, consulte sa messagerie. Mail de l'ex-collègue-nouvellemenent-maman qui s'inquiète de ne pas avoir reçu de réponse. Mon sang n'a fait qu'un tour. A rugi en moi l'animal sauvage impossible à contenir.
Est-ce que je t'ai envoyé un faire-part géant
pour t'informer de ma fausse-couche ?
Non.
Est-ce que je t'ai pollué ta boite mail par mes sollicitations
pour te forcer à des mots de compassion, de réconfort, de compréhension ?
Non.
Alors, s'il te plait, laisse moi tranquille. Respecte mon silence.
Manque de bol, j'avais mal dormi la veille.
Manque de bol, je venais de passer ma première journée de formation et avais la tête comme un compteur.
Manque de bol, hier soir, je revenais de chez l'infirmière qui m'avait fait ma première piqûre (d'une longue série) pour mon nouveau traitement FIV.
Je n'ai pas attendu le retour du Chat policé et bien élevé, j'ai laissé rugir Le Chat sauvage dans ses instincts les plus primitifs. Ma réponse fut brève : "Je te remercie de te soucier de moi. J'ai fait une fausse couche il y a peu, alors, les faire-part, les bébés, les grossesses... en ce moment, j'ai un peu de mal. J'espère que vous vous portez bien".
Voilà. Après il a fallu que j'envoie un autre mail. Pour m'excuser.
C'est ça aussi le parcours des-couples-qui-n'arrivent-pas-à-avoir-d'enfant. Se voir submerger par des forces sombres, se transformer en alien impoli. En avoir honte. Et devoir par la suite s'en excuser.
EDIT mercredi soir : Je rentre de ma formation et qu'est-ce que je découvre ?! Tous vos commentaires ! Alors forcément, je vais y répondre (le temps que je ressorte pour ma piqûre et que je revienne). Je ne peux pas ne pas le faire. ça me touche trop... Ah là là c'était pas prévu ça.![]()
jeudi 13 mars 2008
Un ange est passé...

Déjeuner avec ma mère ce midi.
En bruit de fond, le brouhaha des clients du restau.
En musique de fond, les battements de mon coeur.
En extrait, deux regards qui se font echo, remplis de larmes, qui se regardent enfin dans le fond du coeur.
L'instant d'une seconde, rencontre entre une maman et sa fille.
- (...)
- (...)
- Pourquoi tu pleures ?
- Parce que je ne sais pas comment te prendre.
- Ne cherche pas à me prendre maman. Considère moi juste comme ta fille, et le reste suivra.
Aujourd'hui, un ange est passé.
J'ai réussi à lui expliquer pourquoi il avait été vital pour moi ces derniers mois d'installer cette distance entre elle et moi. Non pas, comme elle le pensait, parce qu'elle était trop envahissante, mais parce que tant qu'elle n'investirait pas pleinement son rôle de maman vis-à-vis de moi, elle me maintiendrait en position de mère vis-à-vis d'elle. Et ça, c'est fini.
Une place pour chacun. Chacun à sa place. Et les générations pourront se développer.![]()
mardi 11 mars 2008
La question sans réponse

Il y a une phrase qui me déstabilise. "Pourquoi tu veux un enfant ?". Oui c'est vrai ça, pourquoi vouloir un enfant ?
ça chamboule la vie à deux, ça pleure, ça crie, il faut le laver, le langer, le construire, le respecter, l'aimer même s'il n'est pas comme on voudrait, l'élever... et j'en oublie certainement par manque d'expérience.
Alors pourquoi vouloir un enfant au point de déjà chambouler sa vie quand ce dernier ne vient pas ?!
La réponse politiquement correcte et un peu conne mais que je ne vous ferai pas : "Par amour maternel, de la vie, parce que c'est merveilleux, que du bonheur, etc. etc.".
La réponse que j'aurais pu faire dans une de mes vies antérieures mais que je n'aurais jamais eu le courage de formuler comme tous ceux qui sont concernés : "Pour réparer mon couple".
La réponse que je pourrais peut-être faire mais que je me refuse par lâcheté : "Pour remplir un vide".
La réponse qui me fait peur : "Pour me réparer".
La réponse qui un temps aurait pu être la mienne dans une de mes vies antérieures BIS : "Par logique sociale".
La fausse vraie réponse : Pour voir Arthur Miller papa.
La réponse vindicative : Parce que j'y ai droit, comme tout le monde.
La réponse charnelle : Pour sentir mes seins gonflés, vivants.
La réponse qui n'en est pas une : Parce que.
La réponse que je cherche encore...
Voilà. C'est une question à laquelle j'ai pas vraiment de réponse. Mais c'est comme ça. Et rien ne m'éloignera de cette envie. Question de vie ou de mort.
mardi 19 février 2008
Se souvenir des belles choses #en musique#

Je ne la vois pas dans le noir.
Ni la journée quand je suis habillée.
Seuls le matin et le soir me permettent de l'observer.
Quand je me regarde dans le miroir. Nue.
Elle est là. Trace de ma mini-grossesse.
Cette veine bleue qui s'étale.
Qui me regarde et se souvient.
Elle aussi.
Stigmate d'un bonheur trop éphémère.
Et (qui m'aurait) fait mère.
Je pense que mon corps a ses propres souvenirs
mais que nous partageons la même mémoire.
Et c'est rassurant.
Photo de salle de bain volée ici et trafiquée par mes soins.
Marilyn Monroe par Bert Stern.![]()
samedi 2 février 2008
Continuer l'histoire

Je rentre à l'instant d'une escapade-sauvetage de quelques jours avec Arthur Miller et découvre tous vos petits mots.
Depuis dimanche dernier j'ai beaucoup de choses en tête qui tournent, s'entrechoquent, se font mal, se font du bien, me secouent, me perdent, me repêchent, me bousculent, me fragilisent.
J'oscille entre espoir et désespoir, domptant mes larmes, ravalant mes mots rageurs, hésitant sur la façon de comprendre ce coup du sort qui vient jalonner un parcours déjà si difficile. Je n'ai aucune certitude.
Mais là ce soir, après vous avoir lu(e)s, j'ai avec certitude un mot au bout des lèvres : MERCI.
Demain, dimanche. Après-demain, lundi. Une nouvelle semaine donc. De nouvelles aventures aussi.
source photo : Mark Laita
mardi 29 janvier 2008
(...)

Arthur Miller est rentré hier plus tôt que prévu.
Dimanche, en première partie de nuit, je suis allée aux urgences.
J'ai fait une fausse couche,toute seule, comme une grande.
Une amie sage-femme me tenait la main.
Aujourd'hui je pense à une réflexion de Louis-Ferdinand Céline
qui dans son voyage à lui au bout de la nuit écrit
"on devient fou de se sentir abandonné".
Mon ange-gardien, je t'en supplie, reviens...
Je me mets en mode pause
le temps que je me repose
et que, mes larmes séchées, j'ose
à nouveau voir la vie en rose.
ça va aller.
PS : j'ai hésité à fermer les commentaires pour ce billet puis je me suis dit que je n'avais pas à vous en priver. Mais je ne répondrai pas à ce billet. Parce que, le courage revenu, je tournerai vite la page de ce billet sans m'y attarder.![]()

















