vendredi 1 mai 2009
La bague au prologue

Hier soir il est rentré avec un brin de muguet à la main.
Heureuse de cette initiative anticipée, je lui ai répondu "Merci".
Mais il m'a dit "Non, c'est pour Elisa".
Surprise et un peu déçue, je n'ai pas pipé mot.
Puis il m'a tendu un autre brin de muguet et une boite rouge
et il m'a dit "Pour toi, c'est ça".
Consciente de la valeur du présent et du fait que ce moment rare
ne se représenterait pas de si tôt,
j'ai savouré ce moment délicieux
que représente celui de recevoir un cadeau depuis longtemps rêvé.
Trop émue, je n'arrivais même pas à ouvrir la boite rouge.
Alors c'est là qu'il m'a dit
"parce que tu as été une chouette femme enceinte
et que tu es une chouette maman".
Merci Elisa Arthur Miller. Merci d'être ce gentleman
si galant et si compréhensif.
**********
Parce qu'il faut bien que je l'avoue. Cette histoire "so romantique" avait bien mal commencé. Voici donc le prologue dont je ne suis pas fière. Pas fière du tout même.
#PROLOGUE#
Nous étions à peine rentrés de la maternité qu'Arthur Miller me déclarait vouloir me faire un cadeau pour la naissance d'Elisa. Je revois très bien la scène. Lui devant le bar de notre cuisine américaine, moi, affalée dans le canapé du salon, la jouant Grand Seigneur en lui répondant "je ne veux pas de cadeau, mon plus beau cadeau c'est notre petite fille en bonne santé".
Passent les jours. Puis les semaines. Aussi difficiles les unes que les autres. La fatigue, elle, ne passe pas, bien au contraire. Elle s'incruste, s'accumule, bouche chaque pore de ma peau. Et un soir plus difficile que les autres, frôlant l'asphyxie, j'explose. Je me plains de ne même pas avoir eu de bouquet de fleurs ou de cadeau pour la naissance de notre fille.
J'imagine qu'Arthur Miller a du être surpris de cette attaque sournoise. Mais il ne m'a rien montré. Rien reproché. Il m'a prise dans ses bras et m'a consolé.
Et moi j'étais pétrie de honte. C'est pas beau de demander. C'est pas beau la mauvaise foi. C'est pas beau de réclamer. C'est pas beau d'être matérialiste.
Mais voilà, parfois Le Chat il est pas beau.
Alors encore une fois : merci Arthur Miller d'être ce gentleman si galant et si compréhensif.
mardi 21 avril 2009
Seule(s)

Ce soir n'est pas un soir comme les autres. Arthur Miller n'est pas là. Il ne rentre que demain. Je suis seule. Mais à deux. Seule(s) donc.
L'appart est vide. Comme toujours quand il n'est pas là. A peine levée ce matin que je sentais déjà ce vide. Qui ne m'a pas quitté de la journée. Et pourtant, les autres jours, il est aussi absent de la journée mais aujourd'hui c'était pas pareil.
Ma fille dort.
Partout dans l'appartement, sa présence. Ses jouets dans le parc. Les si nombreux livres sur la grossesse/maternité/paternité que nous avons lus (et continuons à lire) éparpillés sur la table basse. Sa tétine qui traine sur le bar de la cuisine. Sa poussette rose qui "décore" depuis 3 mois notre salon.
Je me sens seule et pourtant j'ai la conscience bien aiguisée de cette deuxième présence si frêle qui habite mon appartement.
C'est étrange. Seule à deux.
Bientôt je vais entendre des petits bruits venant du couloir. Des gémissements qui vont très vite se transformer en cris de faim.
Je vais me diriger vers sa chambre. Allumer la veilleuse. Lui caresser le visage tout en veillant à respecter son demi-sommeil. La prendre dans mes bras. M'asseoir sur le fauteuil blanc. Poser le coussin sur mes genoux. La déposer dessus. La nourrir. Comme toutes les nuits depuis qu'elle est née.
Puis j'irai me coucher. Seule. Pour la première fois depuis qu'elle est née.
{pas sûre de réussir à dormir}![]()
dimanche 15 février 2009
15 février

A la bourre.
Mais il parait qu'il n'est jamais trop tard.
Que c'est l'intention qui compte.
Bonne Saint Valentin Saint Claude Arthur Miller !
(la responsable de ce retard intempestif est TA fille
qui hier ne nous a pas laissé une seconde de répit.
Toute réclamation est à adresser à Malabarette
à l'adresse suivante : 12 rue des Pleurs - 75 Paris)
PS : vous pouvez également m'adresser vos réclamations suite à ma non réponse à vos commentaires laissés au billet précédent. Je transmettrai à la fille d'Arthur Miller qui redeviendra ma fille quand je la comprendrai...
{P***** de samedi de m****}
dimanche 7 septembre 2008
Faits d'été avant fée d'hiver

Faits d'été : ma panoplie anti-masque de grossesse,
mon pied qui vous dit "bonjour"
(ben oui mes mains sont occupées à tenir l'appareil photo)
et l'épaule sur laquelle j'aime me reposer.
Des mois que je pense que le "jour où ça arrivera..." ça sera un p'tit gars. Pour rompre cette mauvaise histoire qui se transmet de ventre de femme en ventre de femme. Pour stopper la chaîne. Arrêter la passation de valises trop lourdes de tristesse que les femmes de ma famille se coltinent et partagent intimement pendant 9 mois.
Des semaines que je bassine Arthur Miller avec cette certitude que le petit être qui a élu domicile dans mon ventre est un garçon. Instinct maternel que je lui répète ! Et ça marche : j'ai réussi à le convaincre. Pour preuve le surnom "Malabar" qu'il a naturellement adopté avec moi.
Des jours que j'ai donné mon accord au peintre pour passer un petit coup de rouge dans la chambre de Malabar. Blanc, rouge et argent, voilà les couleurs plutôt masculines que j'ai prévues pour accueillir notre bébé.
Des heures que je sais maintenant que Malabar sera finalement... une petite Fée d'hiver. Une petite Malabarette quoi !
Des siècles à venir pour effacer l'écho du rire d'Arthur Miller qui résonne dans toutes les pièces de notre appartement quand j'ose encore lui parler d'intuiton féminine.
PS : Pas de quiproquo. Malabar ou Malabarette, la place est là, bien chaude, pleine d'amour.
lundi 11 août 2008
Quand chacun en prend pour son grade...

{Il n'y a pas que les femmes qui perdent quelques neurones quand elles sont enceintes}
Semaine dernière, un jour de semaine.
Arthur Miller vient de quitter l'appart pour se rendre à son très sérieux travail. Une demi-heure après son départ, le téléphone sonne.
C'est lui. Etrange qu'il appelle si tôt alors qu'il sait que je dors.
- "Hello c'est moi. Tu es encore à la maison pour un moment ?"
- "Ben oui !?..."
- "J'ai un RV professionnel à l'extérieur en fin de matinée mais je vais repasser par la maison avant."
- "Heu... d'accord !?"
- "Tu vas rire..."
- "... !?"
- Je t'appellerai quand je serai en bas. Est-ce que tu pourrais descendre pour m'apporter ma chaussure ?"
- "Ta chaussure ???!!"
- "Ben oui... ce matin j'ai mis deux chaussures différentes..."
Finalement, Malabar aura des neurones et de sa maman et de son papa.
Espérons qu'il ait les meilleurs.![]()
******
Et toi, la future maman qui essaies de Te cacher, arrête de crâner parce que tes fesses, ton ventre et tes seins te trahissent ! Ils débordent de ta cachette...
♫ ♪ ♬ Na na nère ♫ ♪ ♬...
PS : A toutes celles qui pourraient s'interroger : ceci n'est pas un blog de couture. Cette robe n'a pas été cousue par moi. Ni les rideaux. Tout a été honteusement acheté.![]()
vendredi 25 juillet 2008
Dites "Aaaaaahhhh..."

Un grand merci pour tous vos petits mots, témoignages,
encouragements, ondes positives reçus suite à mon dernier billet.
Angine, aphte.
Pas besoin d'avoir fait l'Ena (ou médecine) pour comprendre que ma bouche, carrefour de tous mes maux de la semaine, est aussi celui de tous mes mots tus et angoisses masquées.
Petite forme donc. Petites nuits aussi. Hachées de pauses pipi, combats avec des moustiques, lait chaud au miel, mauvais rêves. Le dernier en date : je débarque dans le bureau d'Adamsberg en lui demandant de résoudre l'énigme des probabilités de risque de fausse couche lié à l'amniocentèse et le risque de trisomie 21 lié à mon âge. Malheureusement une envie pipi m'a réveillée avant que son acolyte Danglard et lui-même m'aient apporté la solution... Merde !
Je porte à bout de bras mon optimisme, l'assurance que tout va aller bien. Arthur Miller, lui, porte mes bras. En ce moment, seulement dans ses bras je suis bien. Sans lui, rien de possible. Alors à toi aussi je voulais dire "I love you this much".
Hier, instant de frivolité. Petite robe rose et colliers étaient de sortie. Installée dans un salon de thé aux prix honteusement élevés, j'ai dégusté une religieuse au Nutella. Et c'était bon. Honteusement bon. ![]()
PS : illustration volée sur le site de Kate Spade cet hiver.
mercredi 25 juin 2008
SO ?

Bon anniversaire de mariage Arthur Miller !
Eté 2002, 30 ans, célibataire, parisienne, un chat. J'achète un ordi et sur les conseils d'une âme inspirée "m'inscris sur internet". Je remplis ma fiche : 30 ans, célibataire, parisienne, un chat et dans le cadre réservé aux commentaires divers et variés, je laisse le mien, désabusé "SO ?".
J'en ai reçu des réponses. J'en ai éliminées aussi : out les fautes d'orthographe, out les propositons indécentes dès la première réponse, out les "sans photo", out les double de mon âge, out les moitié de mon âge...
Et puis fin septembre, je reçois un message. Ni tout à fait comme les autres, ni tout à fait différent. Je bla-bla avec la personne puis je donne mon numéro de téléphone. Je reçois un appel. Entends une voix que je trouve belle.
# Octobre 2002 : 1er café.
Je crois que je t'ai touché-coulé quand je t'ai dit que je voulais de ma vie construire une famille.
J'ai été touchée-coulée par toi quand, après t'avoir raconté mon passé chaotique et conclu victorieusement "ce qui ne tue pas rend plus fort", tu m'as regardée dans les yeux en me demandant malicieusement "endurcit ou rend plus fort ?". L'histoire pour moi a commencé à ce moment précis.
# Février 2003 : j'emménage chez toi.
# Avril 2003 : on décide de faire un bébé.
# Mai 2003 : tu me demandes en mariage.
# 25 Juin 2004 : on se marie civilement.
Dans notre histoire tout est allé très vite. Enfin presque tout.
# 25 Juin 2008 : hier soir une dame nous a montré notre Malabar sur un écran en noir et blanc. Nous l'avons vu bouger, taper ses pieds contre les murs de sa maison, lever les bras.
Alors ce soir, pas de grand restaurant pour fêter notre anniversaire de mariage car tu es fatigué et moi assaillie par mes nausées de fin d'après-midi mais même si nous ne mangeons que des coquillettes-jambon-beurre, elles auront un goût d'éternité.![]()
Photo de mariée issue d'une série de photos de mode pour Vogue Brides (1961) par Franck Horvat
vendredi 2 mai 2008
Aujourd'hui, là, maintenant.

De quoi sera fait demain ? Je ne sais pas.
En revanche je me souviens bien de hier
et de ces 5 dernières années
qui ont chacune égrené leur lot de naissances :
Célestine, Camille, Isidore, Yanis, Jeanne, Inès, Martin,
Paul, Jules, Amandine, Salomé, Leandro, Mary-Lou
et j'en oublie.
Aujourd'hui, là, maintenant, je peux enfin me dire que,
si tout se passe bien demain,
je complèterai bientôt cette liste avec un prénom de mon choix.
Et c'est si bon.
Je voulais vous le dire.
Même si on est bien d'accord qu'il est absolument impensable
d'évoquer une grossesse avant la fin des 3 mois fatidiques.
Absolument impensable.
PS : je vous l'ai déjà dit que j'étais la reine des contradictions grands principes ?
PS 2 : Merci. Vraiment merci. Pour vos bonnes ondes virtuelles, vos petits mots d'espoir. Qui ont été entendus ! ![]()
mardi 22 avril 2008
Achats sexy, lexiques culturels...
Je fréquente le Salon du livre et je m'y cultive. Si si je vous jure. La preuve en images.
En revanche vous n'aurez pas la preuve en image de la rougeur de mes joues lors de mon passage en caisse. Si j'avais pu dispaître à ce moment-là, je crois que je l'aurais fait plutôt que d'avoir à bredouiller un lamentable "c'est pour une amie" faussement déculpabilisant.
La couverture clame OSEZ mais moi j'ai pas osé tous les acheter. Pourtant, j'aurais bien continué sur ma lancée. La collection regorge de trésors drôlissimes :
S'offrent à moi deux alternatives pour continuer cette collection de lexiques très cul... turels : continuer à bêtement rougir de honte lors de mon passage en caisse ou passer commande en ligne chez Senkys. Je vous laisse deviner ce que je vais faire. Je préfère nettement le rouge du plaisir.

Ma sister, si tu as donné l'adresse de mon blog aux parents,
je crois que cette fois-ci Senkys ne pourra rien pour ma honte...
vendredi 18 avril 2008
Quand le Chat est aussi un chien
{pour toi Juju, un feu d'artifice d'étoiles que tu aimes tant et qui peut-être,
dans la tourmente que tu traverses, te sont devenues moins lumineuses.
Mais elles sont toujours là, crois-moi}
En ce moment, je me fais des papillottes. Pour celles qui ne me connaissent pas, je précise que je parle de papillottes capillaires (celles qui me connaissent, quant à elles, auront immédiatement écarté l'éventualité que je puisse parler de papillottes culinaires compte tenu de mon degré de nullité en la matière).
Du coup, mes cheveux, d'ordinaire raides, sont bouclés. Ou plus exactement destructurés. Du grand n'importe quoi en somme mais j'aime bien.
Du coup, en ce moment, Arthur Miller m'appelle "Paf le chien". Vous le savez maintenant, Arthur Miller est plein d'humour.
La scène se passe dans le lit, lui sur le côté, me tournant le dos et essayant de se concentrer sur Millénium III, moi le titillant, l'embêtant, n'arrivant à m'endormir :
- "Dis Arthur Miller, et si Bla bla bla bla..."
- "D'accord, mais dors !"
- "D'accord Médor ?!"
Et là j'ai senti une grosse lame de fond m'envahir, un énorme spasme monter et je suis partie dans un immense fou-rire. C'est comment l'expression ? Rire comme une baleine ? Ben voilà le Paf-Medor que j'étais riait comme une baleine à minuit dans son lit, à côté d'un Arthur Miller stoïque.
Je crois que c'est ma façon à moi de décompresser et ça me rend... bête. Whaourf !![]()




















