biologie

ça fait plusieurs semaines que je vous parle de traitement hormonal pour avoir un bébé. Mais concrètement de quoi est capable la médecine, c'est quoi la Procréation Médicalement Assistée (PMA) ? Je voulais rendre hommage aux progrès, à l'Homme (le grand dans son ensemble mais aussi aux "petites mains" qui jalonnent ce parcours) qui a su comprendre, trouver, adapter, essayer, donner l'espoir et vous expliquer avec mes mots en quoi ça consiste.

Le corps est une machine merveilleuse de minutie, de talent, de mystères. Quand, pour une raison ou pour une autre qui lui appartient, il choisit de "bugguer", la médecine prend le relais pour certaines fonctions, mais pas toutes.

En PMA, dans le cas d'une Fécondation In Vitro (FIV) le relais c'est :

- des piqûres dans le ventre (ou l'épaule, la cuisse) avec un produit, le Décapeptyl, qui anesthésie la fonction "ovulation" de l'hypophyse, une petite glande qu'on a dans la tête. Ces piqûres permettent ainsi à la médecine de "prendre la main" sur le corps qui dysfonctionne pour ensuite tenir les commandes.
Ces piqûres, faut les faire pendant une vingtaine de jours, tous les soirs, de préférence à la même heure, entre 18h et 20h. Elles sont sous-cutanées, c'est-à-dire que, pour une fois grâce à elles, le petit bout de gras qui enrobe notre ventre est le bienvenu car c'est dans lui qu'on pique ! Les plus courageuses peuvent les faire elles-mêmes, pour les aures, une infirmière peut s'en charger.

- à mi-chemin du traitement avec le Décapeptyl, le Purégon fait son entrée sous forme de piqûres dont la mission est de faire grossir tous les follicules (les "maison des ovules") que le corps produit (en fait, le stock de follicules est constitué dès notre naissance, et à chaque cycle, un certain nombre grossit dans nos ovaires, alternativement à droite puis à gauche) tous les mois. Habituellement, quand c'est la nature qui garde la main, un seul de ces follicules va mûrir et, sous l'effet de l'hypophyse qui va lui donner un signal hormonal un peu avant le 14ème jour, donner un ovule. Les autres vont disparaitre sans avoir muri, ni ovulé.
Quand la médecine prend la main, le Purégon est capable d'accompagner chaque follicule à maturité afin de multiplier ainsi le nombre d'ovules qui seront récoltés.
(Tout comme le Décapeptyl, ces piqures sont à faire tous les soirs, à la même heure, dans le ventre, soi-même ou par une infirmière, pendant une dizaine de jours environ.)

A partir des piqûres de Puregon, tous les 3/4 jours, une échographie et une Prise De Sang (PDS) renseignent sur l'évolution des follicules. Et c'est à partir de là que le ventre commence à gonfler : car d'un seul follicule qui grossit, on passe à 5, 10, 15 ou 20 selon les femmes, qui sont autant d'espoir de futurs ovules fécondables.

Quand le médecin estime qu'un assez grand nombre de follicules est arrivé à maturité (entre 17 et 20 mm/follicule), ces deux piqures sont remplacées par une seule piqûre, l'Ovitrelle, qui envoie au corps le signal de "lancer" l'ovulation. En 36 heures environ, tout se met en branle dans le corps pour que les follicules mûrs génèrent leur ovule.

Il est donc fortement décommandé ces jours-là de faire l'amour car le risque est de se retrouver avec 10 embryons dans le ventre ! Autre caractéristique de ce traitement, cette piqûre d'Ovitrelle doit se faire à une heure bien précise, définie par le médecin en fonction des paramètres fournis par notre corps via les échographies et PDS, car aussi fou que ça puisse paraître, le corps ovulera 36 heures après, pas 15 heures ni 54 heures après, mais 36 heures (à quelques dizaines deminutes près... faut pas pousser quand même)!

S'ensuivront la ponction des follicules, sous anesthésie générale, pour recueillir les ovules qu'ils auront fabriqué puis quelques jours après, le transfert dans le ventre de la (future) maman des petits embryons (euh... pas de tous, de deux voire trois maximum). Entre temps, le (futur) papa se sera enfermé dans une petite pièce puis un biologiste aura mis en relation, in vitro, ovules et spermatozoïdes et sous ses yeux, dans les meilleurs des cas, le souffle de la vie se fera entendre...

Chaque étape réserve ses surprises. Bonnes et mauvaises. La médecine ne sait pas encore augmenter le nombre de follicules spontanément disponibles à chaque cycle. La médecine n'est pas capable de garantir que chaque follicule donnera un ovule. La médecine parfois constate que malgré tous ses efforts (via notamment des doses de cheval de Purégon !), un petit nombre seulement de follicules arrive à maturité et que peut-être de ce petit nombre un seul ovule sera receuilli... alors que chez certaines femmes, une vingtaine peut être recueillie. 

Chaque femme est différente, chaque histoire de couple raconte sa propre aventure, mais le point commun à tous ces espoirs, c'est qu'un seul ovule suffit (oui oui je vous entends commenter : "et un spermatozoïde aussi"... évidence évidence... avant de connaître Arthur jamais eu d'envie viscérale d'enfant, sans son soutien, jamais je n'aurais eu le courage de me lancer dans cette aventure) .

Il y aurait certainement encore des centaines de belles choses à raconter sur la médecine de PMA. Il y a certainement des erreurs dans ce que j'ai raconté. Mais voilà ce que j'en ai compris et retenu pour l'instant. A suivre. Forcément.

PS : autre hommage que je voulais rendre, à Jean-Louis David, grâce à qui je n'ai plus à demander à mon coifeur "la même coiffure que Victoria Beckam". Maintant j'ai qu'à dire "je veux ça !" et je peux vous dire que ça me soulage vachement.

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