Il y a les couples séparés, les conjoints qu'on ne voit plus, les nouveaux qui ne sont pas sur les photos, il y a aussi les morts, ceux dont on se fout un peu, ceux dont on se fout moins. Heureusement il y a aussi les amis qui sont toujours là. Il y a dans toutes ces photos la vie qui est passée, le bonheur qui est resté, cabossé, agrandi, élargi, vieilli patiné.
Et puis il y a ce discours de mon père sur lequel je suis retombée. Longtemps je lui en ai voulu de n'avoir parlé que de moi dans ce discours lu à l'occasion du mariage de sa fille sans un mot pour Arthur Miller alors que mon beau-père, à l'image de l'esprit généreux de cette famille que j'épousais, n'avait lui parlé que de la "pièce rapportée", en l'occurence moi.
Et puis aujourd'hui en le relisant, les yeux baignés, je me suis rendu compte que ça avait été peut-être pour lui l'occasion pour la première fois de parler à sa fille de sa fille, faisant fi des bonnes manières, de la politesse, du qu'en dira-t-on. Il parlait de moi. A moi. Et finalement dans ses mots, beaucoup d'amour. A sa façon.

Mais voilà, une fois, dans une vie, est-ce suffisant ?

ps : définitivement je ne m'y retrouve plus dans les catégories de ce blog. Va falloir que là aussi je plonge range.

ps2  : la cigarette c'est nul mais j'ai repris le sport.

ps3 : un jour je voudrais vous parler de ces amis qui ont presque 40 ans, qui ne veulent pas d'enfant, pas de conjoint, qui n'ont donc pas d'enfants, pas de conjoint. Qui ne veulent même pas de fête surprise pour leur anniversaire. Un jour je vous en parlerai. Si j'arrive à trouver les mots.