Je cherche. Souvent. Je trouve, parfois. Je continue. Toujours curieuse, lucide, amoureuse, maman. Meurtrie aussi. Je crois que de cette enfance où je n'ai été qu'une chose à valeur sociale, "l'enfant de ce couple bourgeois", je crois que de cela, malgré les efforts, malgré les progrés, je ne me remets pas.

Ce matin je me suis dessinée au sein de ma famille.

Le père, la mère, la soeur, en bonhommes batons et moi, un point noir, par terre, mais avec de longues longues racines. La vie quand même en moi. Mais invisible aux yeux de ceux qui m'ont tenu de premier cocon.

Mes questionnements sont du luxe, j'en ai bien conscience. Et honte parfois. Je sais qu'en temps de guerre et de disette, cela n'aurait pas lieu d'être, remplacés par des questions de survie.

Mais j'estime qu'il est aussi de mon devoir de nourrir d'amour sain ceux que j'aime. Sans amertume. Avec la douceur qui m'a été refusée. Que je me refuse maintenant de peur qu'elle réveille des démons porteurs de douleur.

Il semble que ce soit une question de place. A déplacer assurément. Mais avant de laisser le fauteuil inconfortable, encore faut-il en trouver un nouveau. Et confortable.

Je garde espoir.

Voili voilou.